Changements climatiques: Le septentrion placé sous forte alerte

Depuis quelques semaines, cette partie du pays se trouve en première ligne d’une séquence météorologique critique, marquée par des chaleurs extrêmes et des vents violents.

Le constat est sans équivoque. Depuis quelque temps, les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua traversent une séquence météorologique à risques caractérisée par des épisodes de chaleur intense, avec des températures particulièrement élevées susceptibles d’affecter durablement les populations et les écosystèmes.

En effet, dans ces régions, déjà fragilisées, la canicule fait peser des risques sanitaires accrus, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les travailleurs exposés au soleil. Elle pourrait également aggraver les tensions sur les ressources en eau et compromettre certaines activités agricoles, dans une période clé pour les cultures.

À cette chaleur s’ajoute une atmosphère chargée en poussière, liée aux vents locaux et à l’harmattan, réduisant la qualité de l’air et accentuant l’inconfort thermique. Et selon les dernières prévisions de l’Office national sur les changements climatiques (Onacc), cette situation dont le pic a été atteint ce 21 mars devrait d’ailleurs s’étendre jusqu’au 30 du mois en cours.

Toutefois, si ces trois régions concentrent les inquiétudes majeures, le reste du pays n’est pas épargné. L’Onacc alerte sur des vents violents attendus ces jours dans les régions du Littoral, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Ces rafales pourraient entraîner des chutes d’arbres, endommager des habitations précaires et perturber les axes de circulation, notamment dans les zones urbaines et côtières.

Par ailleurs, une forte instabilité atmosphérique devrait favoriser la formation d’orages accompagnés d’éclairs dans plusieurs régions, dont le Centre, l’Ouest, le Sud et le Sud-Ouest. Dans les hauts plateaux de l’Ouest et du Nord-Ouest, des épisodes de grêle sont même envisagés entre le 26 et le 31 mars, avec des impacts potentiels sur les cultures, les toitures et les infrastructures légères.

Le risque d’inondations constitue un autre motif de préoccupation. Des pluies torrentielles sont attendues entre le 25 et le 30 mars dans plusieurs grandes agglomérations, notamment Yaoundé, Douala, Kribi et Mbouda. Dans des villes où les systèmes de drainage restent insuffisants, ces précipitations pourraient provoquer des crues soudaines, perturber la mobilité urbaine et occasionner des dégâts matériels significatifs.

La particularité de cet épisode réside dans la simultanéité des phénomènes. En l’espace de quelques jours, le Cameroun pourrait être confronté à une combinaison de canicule, vents violents, orages et inondations, touchant à la fois les zones sahéliennes, les hauts plateaux, les régions forestières et les espaces côtiers. Une configuration qui illustre la vulnérabilité différenciée des zones agroécologiques du pays.

Mais au-delà de ce qui est constaté aujourd’hui et des alertes de l’Onacc, cet état de choses s’inscrit dans une tendance de fond. Le Cameroun fait face depuis des années à une intensification progressive des événements climatiques extrêmes, qui pose avec acuité la question de la préparation, de l’anticipation et de la résilience des territoires. Pour les autorités comme pour les populations, l’enjeu est désormais de s’adapter à une variabilité climatique de plus en plus marquée, dont les effets se font déjà sentir sur la sécurité humaine, la santé, l’agriculture, l’élevage, et le développement socio-économique du pays.

 

Julien Efila

 

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