SND30: Une nouvelle gouvernance pour optimiser l’apport des partenaires

En installant officiellement le Cadre de concertation partenarial du plan SND30 à Yaoundé, le gouvernement entend reprendre la main sur la gouvernance des aides extérieures pour accélérer la transformation économique du pays.

La gouvernance des aides extérieures et des partenariats internationaux franchit une étape décisive au Cameroun. Le 29 juillet 2026, la capitale politique a abrité la session inaugurale marquant l’installation officielle du Cadre de concertation partenarial pour l’accompagnement à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (CCP-SND30). Présidée conjointement par le ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et le Coordonnateur résident du Système des Nations unies au Cameroun, le Dr Issa Sanogo, cette rencontre dépasse le cadre du simple rituel institutionnel. Elle concrétise une ferme volonté de l’État de rationaliser l’appui des bailleurs de fonds et d’aligner rigoureusement chaque financement sur la feuille de route stratégique du pays.

Depuis plusieurs décennies, le problème du manque d’efficacité de l’aide au développement entrave l’impact réel des financements extérieurs en Afrique. La dispersion des ressources, la multiplication de projets isolés, la superposition d’interventions concurrentes et le manque de lisibilité sectorielle ont souvent amoindri la portée des investissements. Face à ces insuffisances structurelles, le gouvernement camerounais s’engage dans une démarche de cadrage méthodique. Institué formellement par le décret du 29 décembre 2025 signé par le Premier ministre, ce nouveau dispositif permanent de concertation ambitionne de corriger les failles du passé en centralisant le dialogue entre l’administration publique et l’ensemble des bailleurs multilatéraux et bilatéraux.

Cette nouvelle architecture de coopération se déploie autour de sept piliers sectoriels prioritaires, directement adossés aux axes fondamentaux de la SND30. L’enjeu majeur consiste à garantir une articulation fluide entre les financements extérieurs et les projets nationaux, évitant ainsi les doublons budgétaires. Pour orchestrer cette synergie, l’instance s’appuie sur des outils de pilotage renforcés, notamment des revues sectorielles régulières, des feuilles de route opérationnelles partagées, une cartographie exhaustive des interventions sur le territoire et des bases de données consolidées. Ces mécanismes permettront un suivi rigoureux des chantiers en cours tout en identifiant avec précision les déficits de financement restant à combler.

Au-delà de son volet technique, le lancement du CCP-SND30 signale un recentrage affirmé du pilotage économique par l’État. Face aux exigences colossales en matière d’industrialisation, d’infrastructures énergétiques et routières, de santé publique, de formation professionnelle et d’aménagement du territoire, la quantité des fonds mobilisés ne suffit plus. C’est désormais la qualité de leur gestion et la rigueur de leur orientation qui priment. Dans cette perspective, la coordination devient une variable tout aussi cruciale que le volume des financements injectés.

Pour le gouvernement camerounais, cette plateforme doit s’imposer comme un outil d’anticipation et d’action rapide. Les représentations internationales et les agences des Nations unies y voient quant à elles une opportunité majeure d’accroître l’efficacité de leurs programmes sur le terrain. Alors que le cap fixé pour l’émergence à l’horizon 2030 approche à grands pas, le succès de cette réforme ne se mesurera pas au nombre de concertations, mais bien à sa capacité à traduire les engagements financiers en réalisations matérielles concrètes pour les populations.

Diane Kenfack

 

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