Secteur électrique: Un projet solaire de 250 Mégawatts-crête en gestation à Ntui
Face aux défis croissants de la demande énergétique et aux impératifs de la transition écologique, l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité a réuni le 08 septembre 2026, les promoteurs du groupement WB Synergy SAS et TES Technologies Sarl pour examiner le projet de construction d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 250 Mégawatts-crête à Ntui. Une initiative destinée à métamorphoser le paysage énergétique de la région du Centre et à consolider l’approvisionnement national.
Au siège de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (Arsel) à Yaoundé, la séance de travail présidée le 08 septembre 2026 par le Directeur général de cet organe régulateur visait à concrétiser le traitement technique, juridique et financier d’un dossier aux retombées capitales pour le Cameroun. En recevant les responsables des entreprises WB Synergy SAS et TES Technologies Sarl, l’autorité de régulation a posé les jalons d’une centrale solaire photovoltaïque affichant une puissance installée de 250 Mégawatts-crête (MWdc) pour une capacité d’injection nette de 200 MW sur le réseau électrique interconnecté.
Alors que le pays s’efforce d’équilibrer son offre et sa demande en électricité pour soutenir son émergence industrielle, ce projet s’inscrit en droite ligne des orientations gouvernementales visant à diversifier les sources de production. Historiquement tributaire de l’hydroélectricité vulnérables aux aléas pluviométriques et aux changements climatiques et du thermique de secours, coûteux et polluant, le Cameroun accélère la montée en puissance de son potentiel solaire. L’implantation de cette mégastructure dans la localité de Ntui, situé dans le département de la Lékié région du Centre, constitue un choix géographique stratégique à proximité immédiate des grands bassins de consommation urbains et industriels.
Ingénierie technique et équilibre du réseau
En effet, l’instruction d’une demande d’autorisation et d’octroi de titre de concession exige une analyse exhaustive. Durant des concertations, les experts de l’Arsel et les représentants du groupement promoteur ont épluché l’ensemble des composants techniques du dossier. Il s’agissait notamment d’évaluer la qualité théorique des modules photovoltaïques retenus, la performance des onduleurs et la robustesse des systèmes de conversion et de stockage éventuel. Les échanges ont ainsi largement abordé les modalités d’évacuation de l’énergie et d’interconnexion avec le réseau interconnecté Sud (Ris). L’intégration d’une telle masse d’électricité exige en effet des aménagements de poste de transformation et des renforcements de lignes afin de garantir la stabilité de la tension, d’éviter toute surcharge et d’optimiser l’évacuation de l’électricité vers les postes d’interconnexion de Yaoundé et de ses environs.
Pour l’Arsel, l’objectif est de s’assurer de la soutenabilité financière du groupement à long terme et veiller à ce que le coût de production au kilowattheure permette de proposer un tarif d’achat compétitif. Ce dernier élément conditionne la signature future du contrat d’achat d’électricité Power Purchase Agreement (Paa) avec le gestionnaire du réseau de distribution ou de transport. Sur le plan juridique l’instruction vise à garantir la parfaite conformité de l’opération avec la loi régissant le secteur de l’électricité au Cameroun. L’Arsel veille à ce que l’octroi de la licence s’opère dans la transparence administrative absolue, garantissant la protection des intérêts de l’État, la rentabilité légitime des investisseurs et la préservation du pouvoir d’achat des usagers du service public. À terme, l’apport massif de 200 MW injectés directement au cœur de la région du Centre contribuera à résorber le déficit énergétique chronique qui touche les ménages et freine l’implantation d’unités de transformation agro-industrielles.
A J E

