Visite papale: Un universitaire presse Paul Biya de libérer les prisonniers politiques

Dans une lettre ouverte, Willibroad Dze-Ngwa plaide pour une grâce présidentielle à l’occasion de la venue de Pape Léon XIV, soulignant que cet acte pourrait relancer la réconciliation nationale.

Dans sa lettre ouverte adressée au président Paul Biya le 05 mars 2026, l’universitaire Willibroad Dze-Ngwa, présente la visite papale comme bien plus qu’un simple événement religieux. Selon lui, elle constitue « une rare opportunité morale et diplomatique » capable de raviver l’espoir dans un pays marqué par des années de tensions. « La crise anglophone continue de peser lourdement sur la vie nationale, avec son lot de violences, de familles séparées et de méfiance entre citoyens et institutions ».

En effet, des milliers de déplacés internes vivent encore dans des conditions difficiles, tandis que d’autres Camerounais ont trouvé refuge à l’étranger, notamment au Nigeria. « Des communautés sont dévastées et la confiance s’est gravement érodée », souligne la lettre. À cela s’ajoute la situation des détenus liés, de près ou de loin, à cette crise. Leur maintien en détention est désormais perçu comme « un symbole puissant de blessures encore ouvertes ». Dans ce contexte, l’auteur propose une voie qu’il juge simple : profiter de la venue du souverain pontife pour poser un acte de clémence. Il évoque la possibilité d’une grâce présidentielle ou d’une révision de certains dossiers judiciaires. « Un tel geste ne serait pas un signe de faiblesse, mais l’expression d’un leadership courageux », affirme-t-il.

L’argument va plus loin. Une telle décision pourrait, selon Willibroad Dze-Ngwa, réduire les tensions, freiner la radicalisation des jeunes et surtout relancer un dialogue apaisé. « Elle permettrait de renforcer la confiance et d’encourager un engagement non violent », insiste-t-il, tout en rappelant les valeurs de pardon et de réconciliation portées par la visite papale. Par ailleurs, il insiste sur la portée symbolique d’un tel geste à l’échelle internationale. « Alors que le regard du monde sera tourné vers le Cameroun, une mesure d’apaisement enverrait ‘’un signal fort’’ sur la volonté du pays de tourner la page des divisions ». Il y voit l’occasion de redorer l’image d’une nation longtemps présentée comme « l’Afrique en miniature ».

En outre, la lettre se veut aussi un appel à l’histoire. « Les dirigeants sont jugés sur leur capacité à choisir la réconciliation plutôt que la division », rappelle Willibroad Dze-Ngwa. Pour lui, la visite du Pape Léon XIV pourrait marquer un tournant décisif, celui où le Cameroun décide d’ouvrir « une nouvelle page » fondée sur la paix et la cohésion.

H.T

 

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