Lutte contre la Contrebande: 10 000 litres de gasoil subventionné saisis à Meiganga
Sur instructions de Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, la Brigade nationale de lutte contre la fraude des produits pétroliers a intercepté les 28 et 29 octobre dans l’Adamaoua, une importante cargaison de carburant destiné à l’exportation clandestine vers un pays voisin.
La Brigade nationale de lutte contre la fraude des produits pétroliers a stoppé un réseau de contrebande de carburant dans la région de l’Adamaoua, plus précisément dans la localité de Meiganga. Menée sous l’impulsion directe du ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, les 28 et 29 octobre 2026, cette intervention réalisée avec le soutien stratégique des Forces de Maintien de l’Ordre a permis l’interception d’un camion transportant quarante fûts de gasoil, représentant un volume global de 10 000 litres, une cargaison illicite qui s’apprêtait à franchir la frontière camerounaise en destination d’un pays voisin. En effet, l’enquête a reposé sur un travail de renseignement minutieux. Alertés par des flux suspects, les agents de la Brigade ont pu suivre la trace du véhicule incriminé jusqu’à son immobilisation.
Selon les premiers éléments recueillis par les autorités, les trafiquants utilisaient une technique d’accumulation progressive selon lesquelles, le réseau s’approvisionnait auprès de plusieurs stations-services locales et de camions -citernes de passage pour constituer son stock à l’abri des regards. Une fois le volume de 40 fûts de 250 litres atteint et chargé, le camion devait acheminer la marchandise vers un pays frontalier où le prix du carburant à la pompe est nettement plus élevé, garantissant aux fraudeurs d’importantes plus-values. Ce procédé pose un problème économique majeur pour l’État du Cameroun. De plus, le gasoil saisi avait en effet bénéficié des subventions publiques nationales, un mécanisme financé par le contribuable camerounais pour stabiliser les prix à la consommation et soutenir le pouvoir d’achat des ménages. En détournant ces produits vers les marchés extérieurs, les contrebandiers privent directement les consommateurs locaux de ressources subventionnées et sapent les efforts budgétaires des pouvoirs publics.
À noter que cette nouvelle saisie à Meiganga s’inscrit dans une campagne de répression systématique initiée par le Minee tout au log de l’année 2026. L’axe routier de l’Adamaoua rejoint ainsi la liste des corridors hautement surveillés par la Brigade nationale. Pour mémoire, les contrôles routiers avaient déjà permis d’intercepter 4 200 litres de gasoil sur l’axe de Sangmélima les 12 et 13 septembre derniers, là encore grâce à un renseignement opérationnel. Plutôt dans la nuit du 29 juillet 2026, c’est à Boumnyebel qu’un camion -citerne transportant 36 000 litres de gasoil avait été stoppé. L’infraction commise était alors inverse, mais tout aussi préjudiciable, puisque les trafiquants avaient brisé les scellés de sécurité pour déverser sur le marché intérieur du carburant défiscalisé initialement réservé à l’exportation.
Face à la multiplication de ces infractions, le ministère de l’Eau et de l’énergie réaffirme sa détermination à assainir le secteur de la distribution des produits pétroliers. Pour les autorités, l’enjeu est de faire reculer la criminalité transfrontalière, protéger l’approvisionnement continu des stations-service sur l’ensemble du territoire national, et surtout préserver les deniers publics engloutis dans les subventions. Le succès de l’opération de Meiganga démontre la robustesse de la collaboration entre la Brigade spéciale des forces de maintien de l’ordre sur le terrain. Alors que l’enquête se poursuit pour identifier l’ensemble des complicités au sein des stations d’approvisionnement, le Minee prévient que la pression restera maximale sur les axes routiers du pays.
Arnaud Joseph Etoundi

