Visite du pape Léon XIV: Akere Muna plaide pour des gestes qui apaisent
À quelques semaines de la visite du souverain pontife, l’avocat camerounais appelle à des mesures concrètes pour détendre le climat et relancer le dialogue.
À moins d’un mois de l’arrivée du pape Léon XIV au Cameroun, Akere Muna met la pression sur le terrain humanitaire. Dans un appel adressé au président de la République le 18 mars 2026, l’avocat et ancien bâtonnier demande des mesures de clémence et d’apaisement, notamment en faveur de détenus liés à des affaires politiques. Il est question d’après lui, de préparer un climat propice à la réconciliation avant cette visite très attendue. « La visite du Saint-Père doit être une opportunité d’espérance et de réconciliation », insiste Akere Muna. Dans sa démarche, il ne se limite pas à une interpellation nationale. Une copie de sa lettre a été transmise au Vatican, afin que le pape soit informé de cette initiative avant son séjour prévu du 15 au 18 avril à Yaoundé, Douala et Bamenda.
Car le contexte reste tendu. Entre crise anglophone persistante, tensions politiques post-électorales et défiance sociale, le pays avance encore à pas prudents. Dans ce climat, l’avocat estime que « des gestes concrets, empreints d’humanité, peuvent rouvrir un chemin vers le dialogue ». Il plaide ainsi pour la libération, la grâce ou la révision de certains dossiers sensibles. Parmi les cas évoqués figurent notamment les leaders du groupe dit « Nera 10 », dont Sisiku Julius Ayuk Tabe, condamnés à la prison à vie, mais aussi d’autres détenus emblématiques comme Mancho Bibixy. S’y ajoutent des personnes en détention administrative dans les régions anglophones, ainsi que des situations jugées urgentes, à l’image de mères incarcérées avec leurs nourrissons à Bamenda. Autant de cas qui, selon lui, « symbolisent des blessures encore ouvertes ».
Bien plus, Akere Muna défend une logique simple : la détente doit venir d’en haut. « En situation de conflit, l’initiative de paix doit venir en premier lieu de la partie qui détient le pouvoir », rappelle-t-il. Une position qu’il présente comme non partisane, fondée avant tout sur l’intérêt national et la cohésion sociale. La portée de son appel tient aussi au timing. La venue du pape Léon XIV, placé sous le signe de la paix et de l’unité, attire déjà l’attention internationale. À Bamenda, épicentre de la crise anglophone, le souverain pontife doit porter un message fort de réconciliation. Pour Akere Muna, ce moment peut devenir un tournant, à condition d’être préparé par des actes.
« Un geste de clémence ne serait pas un signe de faiblesse, mais de courage », résume-t-il. Selon lui, une telle décision pourrait réduire les tensions, restaurer la confiance et envoyer un signal fort aux populations, notamment aux jeunes. Ainsi, à l’approche de cette visite historique, l’appel d’Akere Muna replace l’humain au centre du débat. Entre attentes populaires et regard du monde, le Cameroun se retrouve face à une fenêtre rare : celle de transformer un événement spirituel en levier concret de décrispation. Reste désormais à savoir si cet appel sera entendu.
H.T

