Yaoundé: Naseri Paul Béa, déclare la guerre à l’insécurité

Béa, déclare la guerre à l’insécuritéRéunis le 1ᵉʳ avril dernier, sous le présidium du gouverneur de la région du Centre, autorités administratives et sécuritaires ont été appelées  à agir face à la recrudescence de ce phénomène dans la capitale camerounaise.

La montée en puissance de l’insécurité dans la ville de Yaoundé a conduit le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, à convoquer une réunion de crise le 1er avril dernier dans ses services. Autour de la table : responsables de la police, de la gendarmerie, autorités administratives et exécutifs locaux, ont été appelés à apporter des réponses concrètes à ce phénomène devenu préoccupant.

Dans un ton ferme et sans équivoque, le patron de la région siège des institutions n’a pas mâché ses mots face aux autorités présentes : « Depuis un certain temps, nous vivons avec désolation des phénomènes de tueries dans certains quartiers. Nous avons donc pensé qu’il est question pour nous de nous ressaisir. On a trop dormi. Avant, pendant et après la période électorale, la ville était quadrillée, il y avait la sécurité. »

Un rappel à l’ordre explicite, qui traduit une volonté de reprise en main immédiate. Pour Naseri Paul Bea, il ne s’agit plus seulement de constater, mais d’agir efficacement et de manière coordonnée. « Le pape est en train d’arriver, il est question pour nous de sécuriser les populations et leurs biens, c’est pour cela que nous sommes payés », a-t-il insisté.

Au cours de cette rencontre, les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer la présence des forces de sécurité sur le terrain, notamment dans les zones identifiées comme criminogènes. Le préfet du Mfoundi, les sous-préfets des sept arrondissements de Yaoundé, ainsi que les responsables des forces de défense et de sécurité ont été instruits de travailler en synergie afin de contenir la vague d’insécurité.

Plusieurs pistes ont été évoquées, parmi lesquelles l’intensification des patrouilles mixtes, le redéploiement stratégique des effectifs, le renforcement du renseignement de proximité et une meilleure collaboration avec les populations. L’accent a également été mis sur la nécessité de réactivité face aux alertes et sur la lutte contre l’impunité.

Le gouverneur de la région du Centre a d’ailleurs insisté sur le caractère collectif de cette mission. « C’est un travail d’équipe. Nous devons trouver des solutions pour arrêter ce phénomène qui nuit à l’image de notre pays », a-t-il déclaré, appelant chaque acteur à assumer pleinement ses responsabilités.

Au-delà de la sécurité des citoyens, c’est aussi la crédibilité du Cameroun sur la scène internationale qui est en jeu. La recrudescence des actes criminels intervient en effet dans un contexte particulier, marqué par l’arrivée imminente du pape dans le pays. Un événement d’envergure internationale qui implique la mobilisation maximale des autorités pour garantir un climat de paix et de sérénité.

La rencontre intervient en outre dans un contexte marqué par la recrudescence des féminicides, des infanticides, des agressions à répétition, des vols à main armée et des crimes crapuleux. Parmi les cas les plus choquants figure le viol suivi de l’assassinat d’une fillette de 11 ans au quartier Nkoabang, un drame qui a profondément ému l’opinion publique.

Ainsi, cette réunion de crise apparaît alors comme un signal fort envoyé aux populations et à la communauté internationale : les autorités entendent reprendre le contrôle de la situation sécuritaire dans la capitale et restaurer la confiance, à l’approche d’une visite papale hautement symbolique pour le pays.

 

Julien Efila

 

 

 

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