Yaoundé: 48,5 milliards de FCFA pour fluidifier la circulation

Porté par l’État et l’AFD via le mécanisme du C2D, le projet « Yaoundé Cœur de Ville » entre dans sa phase concrète à la faveur d’une descente sur le terrain du Minhdu, le 23 juin 2026 qui a permis d’évaluer l’avancement des gares routières de Mvan et d’Elig-Effa, ainsi que la fin imminente des travaux du Centre-ville.

Le calvaire des embouteillages interminables et des voies saturées à Yaoundé ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. C’est le signal fort envoyé par le gouvernement et ses partenaires internationaux au cours de la descente de terrain menée le 23 juin. Une inspection au pas de course qui a mené la délégation ministérielle et diplomatique des points névralgiques du sud et de l’Ouest, jusqu’au centre de la ville aux sept collines. Au-delà du simple contrôle technique, cette sortie consacre vingt ans de coopération bilatérale fructueuse entre le Cameroun et l’Agence Française de Développement (AFD) dans le secteur du développement territorial et des infrastructures urbaines.

Pour guérir Yaoundé de sa congestion chronique, les grands moyens ont été déployés. Le projet « Yaoundé cœur de Ville », qui matérialise la composante « initiatives à résultats rapide » du Projet de Mobilité urbain Soutenable (PMUS), repose sur une ingénierie financière solide. Sur un budget global de 48,5 milliards de FCFA, l’apport de la France se chiffre à 43 milliards de FCFA sous forme de subvention issue du mécanisme de Contrat de Désendettement et de Développement (C2D). L’État du Cameroun, via le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU), complète l’enveloppe à hauteur de 5,5 milliards de FCFA au titre de la contrepartie gouvernementale. Cette synergie financière ambitionne de révolutionner la circulation à court terme, agissant comme un filet de sécurité structurel en attendant l’implémentation de futurs mégaprojets comme le Bus Rapid Transit (BRT) ou les grandes voies de contournement de la capitale.

Le premier grand arrêt de la délégation s’est fait au carrefour Mvan, véritable cordon ombilical et porte d’entrée sud de Yaoundé. Sur ce site, stratégique exposé aux intempéries, les ingénieurs s’activent, les travaux de terrassement et la construction d’un imposant mur de soutènement affichent une progression sectorielle prometteuse de 40%. L’attraction majeure de Mvan reste sa future gare routière moderne de 2 hectares, desservie par une chaussée élargie en 2×2 voies, destinée à ordonner le ballet des agences de voyages interurbaines. Ensuite, le cap a été mis sur le Carrefour Elig-Effa, point névralgique menant vers la région de l’Ouest. Ici, le défi n’est pas seulement technique, il est managérial. Pour ériger le futur tunnel de 123 mètres de long et la nouvelle gare routière de 0,85 hectares, la Célestine Ketcha Courtès a insisté sur une coordination chirurgicale entre les concessionnaires d’eau, d’électricité et de télécommunications. L’objectif de la Communauté Urbaine de Yaoundé et l’État est de libérer et déplacer les réseaux souterrains sans paralyser les services aux citoyens ni causer de surcoûts budgétaires.

Il convient de rappeler que la mutation en cours n’est pas le fruit du hasard. Les fondations méthodiques de ces transformations urbaines reposent sur les études du PMUS de Yaoundé et de Douala, initiées dès 2016 lors d’un séminaire national de co-construction MINHDU-AFD. Ces études ont été rendues possible grâce à l’admission du Cameroun au sein de l’initiative internationale « MobiliseYourCity ». Toutefois, le succès actuel de Yaoundé fait écho aux transformations spectaculaires déjà enregistrées à Bafoussam, Bertoua, Garoua, Maroua ou encore Bamenda sous l’égide du dynamisme Programme C2D Urbain Capitales Régionales.

Arnaud Joseph Etoundi

 

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