Universités et IPES: Les enseignants exigent une révision de leurs conditions

 Dans un communiqué daté du 23 février 2026, ces intellectuels vacataires et membres du Collectif des Docteurs PhD sans Emploi et Indignés du Cameroun (CDEIC), appellent les pouvoirs publics à revoir leurs conditions de travail, afin de régulariser leur statut qu’ils jugent précaires au sein des Universités d’Etats et IPES du Cameroun.

Ils sont titulaires du diplôme universitaire le plus élevé, mais sont cantonnés au rôle d’enseignants vacataires au sein des universités d’Etat et des Instituts Privés de l’Enseignement Supérieur (IPES) au Cameroun.  Pourtant ils accompagnent au quotidien les enseignants titulaires dans l’exercice de leurs fonctions et contribuent en leur manière à l’encadrement des étudiants. Dans leur vacation, ces Docteurs PhD enseignent, corrigent des copies, surveillent des examens semestriels et bien d’autres tâches encore. Fatigués de vivre dans des conditions aussi précaires, le Collectif des Docteurs PhD sans Emploi et Indignées du Cameroun (CDEIC), a commis un communiqué le 23 février 2026 où ils interpellent les pouvoirs publics, exhortant à ces derniers de revoir les conditions de travail de ces docteurs en vacation dans les universités d’Etats et IPES, afin de régulariser leur statut qu’ils jugent précaires.

Ledit communiqué renseigne que de nombreux Docteurs continuent d’être maintenus dans le chômage, la misère et l’humiliation professionnelle et ce, malgré un parcours académique exigeant et sanctionné par un doctorat PhD.  Le collectif met en avant des preuves montrant un besoin réel en personnel enseignant permanent au sein des universités d’Etat et des IPES du Cameroun, mais dénonce par la même occasion le traitement subit par ceux qui répondent présent à ces appels à candidatures. Car selon le communiqué, « les candidats qui répondent présent à ces appels et assurent les cours sont souvent non payés ou sous-payés, vivant une situation intenable et contradictoire avec la logique de service public ».

Recrutement de 2000 enseignants dans les universités d’Etat

Plusieurs postes sont vacants dans les universités d’Etats au Cameroun à en croire les propos du CDEIC, qui souhaite une correction de la liste récemment publiée par le ministère des Finances (MINFI) et souhaite l’épuration de celle-ci, afin de mieux évaluer les postes vacants qui ont besoin d’être comblés. Autrement dit, les docteurs vacataires jugent qu’une telle démarche pourrait favoriser un plan d’intégration des Docteurs PhD sans-emplois comme enseignant titulaires de ces universités.

L’on se souvient qu’en 2018, le président de la République Paul Biya annonçait un recrutement spécial de deux mille enseignant titulaires du doctorat (PhD) dans les universités d’Eta du Cameroun. Une décision prise en réponse aux besoins criants en personnel enseignant, notamment suite à la création de nouveaux établissements. Ce plan déployé sur trois ans, à compter de 2019, prévoyait le recrutement d’une première vague de 1000 enseignants en 2019, 549, en 2020 et 500 en 2021.  En 2023, des recrutements spéciaux ont été lancés pour des universités comme Bertoua, Ebolowa et Garoua, confirmant la poursuite de cette politique.

En dépit de n’avoir pas encore été recruté dans les universités d’Etat et IPES du Cameroun et vivant dans la précarité , les docteurs qui enseignent sans contrat, sans rémunération régulière et parfois sans aucune contrepartie financière , le collectif appellent pour la circonstance tous les docteurs PhD vacataires à observer un arrêt immédiat et concerté  des activités de vacation dans les universités d’Etats et IPES , jusqu’à l’ouverture d’un dialogue crédible assorti des mesures concrètes de recrutement massif et transparent.

Il exige également la mise en place d’un plan spécial d’intégration des Docteurs PhD sans emploi dans les secteurs de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique ou dans tous les domaines de compétences au sein des ministères de la République. Le CDEIC appelle enfin tous les intellectuels épris de justice et de dignité à la solidarité nationale et à la mobilisation responsable. Car ce dernier estime que le doctorat ne saurait être un diplôme de précarité et reste ouvert à un dialogue républicain.

Arnaud Joseph ETOUNDI 

 

 

 

 

 

 

 

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