Présidentielle 2025: Le Fsnc débouté sur fond de querelle colorée
Le Conseil constitutionnel a rejeté récemment le recours du Fsnc d’Issa Tchiroma Bakary contre les couleurs du bulletin de vote de l’UDC.
Un recours, un rejet, et une leçon de calendrier. Jeudi 21 août 2025, le Conseil constitutionnel a tranché sur plusieurs litiges préélectoraux. Parmi eux, celui opposant le Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) à l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) a attiré l’attention par son caractère singulier : une contestation… de couleur.
Le président du Fsnc, Issa Tchiroma Bakary, reprochait à l’UDC, formation dirigée par l’honorable Patricia Tomano Ndam Njoya, d’avoir retenu la couleur jaune sur son bulletin de vote. Selon le plaignant, ce choix prêtait à confusion auprès de l’électorat, dans un contexte de forte concurrence entre partis. Mais la haute juridiction a rapidement écarté le recours, au motif que la réclamation était hors délai.
En s’appuyant sur l’article 129 du Code électoral, le Conseil constitutionnel a rappelé que toute protestation portant sur les couleurs, symboles ou sigles d’un bulletin devait être introduite dans les deux jours suivant la publication officielle des candidatures. Or, le recours du Fsnc, déposé le 14 août, est intervenu bien après la date butoir du 28 juillet. Verdict sans appel : irrecevabilité. De l’avis d’un acteur de la scène politique, ce rejet vient confirmer l’une des constantes du système électoral camerounais : « la rigueur procédurale l’emporte souvent sur le fond du litige. Et dans ce cas précis, le Conseil a choisi de ne pas aller plus loin, malgré l’argumentation du Fsnc, qui dénonçait une ‘’confusion préjudiciable’’ ».
En outre, dans la même audience, un second recours a connu un sort similaire. Le Social Democratic Front (SDF), conduit par Joshua Osih, demandait l’exclusion du symbole du bras levé utilisé par le Parti uni pour la rénovation sociale (Purs). Là encore, la requête a été déclarée irrecevable pour dépôt tardif. Avec ces rejets successifs, le Conseil constitutionnel vient de refermer la porte à plusieurs contestations avant même l’ouverture officielle de la campagne présidentielle. « Si ces décisions renforcent la stabilité du calendrier électoral, elles laissent aussi entrevoir la difficulté, pour certains partis, à faire entendre leurs préoccupations par voie judiciaire », pense un membre de la société civile.
L’honorable Patricia Ndam Njoya, de son côté, s’est félicitée de la décision. « Depuis 1991, l’UDC porte ses couleurs historiques : bleu, blanc et or/jaune. Nous réaffirmons notre attachement au dialogue », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié à l’issue de l’audience. Par ailleurs, ce vendredi 22 août 2025, le Conseil constitutionnel a rejeté, en dernier ressort, la requête de l’opposant Akere Muna qui visait à déclarer le président Paul Biya inéligible à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. La demande a été jugée « non justifiée » après une audience d’un peu plus de deux heures.
H.T

