Présidentielle 2025: Bello Bouba dévoile son équipe de campagne
Composée de 164 personnalités, cette équipe stratégique divulguée le 19 août dernier aura pour mission de porter le candidat de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) à la magistrature suprême.
La présidentielle du 12 octobre approche à grands pas, et l’UNDP, en quête d’un second souffle électoral, vient de franchir un cap décisif. En effet, à quelques semaines de l’ouverture officielle de la campagne électorale, prévue pour le 27 septembre prochain, Bello Bouba, le président de cette formation politique, candidat au scrutin à venir, vient de dévoiler l’équipe de campagne qui aura pour mission de le porter à la magistrature suprême.
Composée de 164 personnalités au profil divers, le directoire de l’équipe a été confié au sénateur Pierre Flambeau Ngayap, désigné à la fois comme coordonnateur général et porte-parole du président Bello. Ladite team de campagne est structurée de manière quasi-militaire. La coordination nationale regroupe 16 membres, répartis autour de cinq pôles thématiques clés : communication, logistique et événementiel, organisation et mobilisation, gestion des bureaux de vote, et affaires juridiques. Chaque région du pays se voit attribuer un président de coordination régionale, épaulé par des relais locaux. L’objectif étant clair : occuper le terrain, partout et tout le temps.
En outre, la diversité de l’équipe est, semble-t-il, mis en avant. Le ministre délégué auprès du ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature, Nana Aboubakar Djalloh, y joue un rôle central. Le sénateur Jean Tsomelu, transfuge du SDF, y figure également, tout comme plusieurs maires et élus locaux, à l’instar de Bobbo Salihou, maire de la ville de Ngaoundéré. Une composition qui reflète une volonté d’équilibrer poids politique et représentativité territoriale.
Mais au-delà des noms, à en croire certains analystes, c’est un message politique que Bello Bouba semble vouloir envoyer. En s’entourant de figures issues de son propre parti et de personnalités indépendantes, il s’emble évident que le président de l’UNDP ne veut pas céder aux sirènes d’une quelconque coalition de l’opposition. Mieux, il veut tracer une ligne claire : pas question de pactiser.
Pour ces derniers, la candidature de Bello Bouba est donc celle d’un homme seul, mais pas isolé. En refusant toute fusion ou alliance, il défie à la fois les sceptiques et ses rivaux directs, comme Issa Tchiroma, ou encore Cabral Libii face à l’actuel chef de l’État.
Toutefois d’autres observateurs affirment dans les coulisses que la taille et l’organisation de l’équipe de campagne ne suffisent pas à elles seules à garantir une percée électorale. Encore faut-il un discours fort, une capacité de mobilisation sur le terrain, et une réponse aux aspirations profondes d’un électorat souvent désabusé.
Bello Bouba joue alors gros. Lui qui a pactisé plusieurs années avec le régime en place en occupant de hautes fonctions sans jamais réussir à s’imposer comme un challenger de premier plan tente une dernière manœuvre. Avec cette équipe, il veut faire mentir les pronostics. Mais dans un paysage politique saturé, où l’usure du pouvoir se heurte au scepticisme d’une opposition morcelée, une question reste posée : cette armée de campagne suffira-t-elle à renverser la table ?
Pour rappel, 12 candidats sont en lice pour la présidentielle. Bello Bouba, Issa Tchiroma, Cabral Libii et d’autres challengers affronteront le président sortant, Paul Biya. Au pouvoir depuis 1982, ce dernier s’apprête à briguer un huitième mandat sous la bannière du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).
Julien Efila

