Présidentielle 2025: Ce que Bello Bouba promet de changer en six mois

Le candidat de l’UNDP s’engage à enclencher dès le premier semestre de son mandat un ensemble de réformes majeures axées entre autres sur la résolution du conflit anglophone, la réconciliation nationale, la justice sociale ou encore la refonte des institutions.

C’est un programme dense, ambitieux et profondément réformateur qu’a dévoilé Bello Bouba Maigari ce 8 juillet à Yaoundé, lors d’une conférence de presse très attendue. Le président de l’Union nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), candidat à la présidentielle du 12 octobre prochain, est déterminé à faire des six premiers mois de son mandat un véritable tournant pour le Cameroun, s’il est élu.

En premier, l’ancien ministre du Tourisme et des Loisirs promet, dans les six mois suivant son accession au pouvoir, la tenue d’un débat inclusif réunissant toutes les parties prenantes (autorités locales, leaders communautaires, société civile, diaspora, groupes armés, partis politiques) afin de poser les bases d’un dialogue franc pour ouvrir une nouvelle voie vers une sortie durable de cette crise qui perdure depuis un peu plus de sept ans. Dans la même dynamique de pacification, l’ancien allié de Paul Biya a annoncé une loi d’amnistie générale pour tous les détenus d’opinion, afin de restaurer la confiance entre le pouvoir et les citoyens engagés dans les luttes politiques ou sociales. Il s’engage également à plaider pour le retour de la dépouille du premier chef de l’État camerounais, Ahmadou Ahidjo, mort en exil et enterré à Dakar au Sénégal.

Autre annonce phare : le vote d’une loi de restauration des martyrs et héros nationaux, destinée à reconnaître officiellement les figures historiques qui ont contribué à la construction du pays, parfois au prix de leur liberté ou de leur vie. Cette mesure viserait à réconcilier la nation avec sa mémoire collective, souvent bafouée ou instrumentalisée.

Mais Bello Bouba ne s’arrête pas à la réconciliation : il entend aussi refonder l’État. Dans les six premiers mois de son mandat, il propose de réduire la durée du mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois. Il promet aussi une réduction de l’âge électoral à 18 ans, pour élargir la base démocratique et impliquer la jeunesse dans la gouvernance du pays.

Toujours dans cette logique de réforme, Bello Bouba appelle à un débat national sur la forme de l’État. Il juge que le modèle centralisé a montré ses limites, et qu’il est temps de discuter sereinement de l’organisation territoriale du Cameroun, dans le respect des diversités culturelles et historiques.

Enfin, il s’engage à renforcer l’indépendance de la justice, en réformant le Conseil supérieur de la magistrature et en transformant la Chambre des comptes en Cour des comptes, pour un contrôle plus effectif et juridictionnel de la gestion publique.

La campagne électorale qui s’ouvrira en septembre dira si ce message parvient à séduire un électorat en quête de changement. Mais une chose est sûre : Bello Bouba veut marquer les six premiers mois de son mandat du sceau de l’action et de la transformation.

 

Julien Efila

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