Contentieux préélectoral: Le MANIDEM dénonce le rejet définitif de la candidature de Kamto

Cette formation politique condamne fermement la décision du Conseil constitutionnel invalidant définitivement la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle du 12 octobre, y voyant la preuve d’un système électoral verrouillé au service du régime.

Le paysage politique camerounais est une nouvelle fois secoué après le rejet définitif, par le Conseil constitutionnel, de la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain. Le Mouvement aficain pour la Nouvelle indépendance et la Démocratie(MANIDEM), dans un communiqué parvenu à notre rédaction, exprime sa « profonde consternation » et son « indignation » face à ce qu’il qualifie de « mascarade politique ». En effet, pour le parti d’Anicet Ekane, la décision du Conseil constitutionnel s’inscrit dans une longue tradition de soumission aux intérêts de l’exécutif, au détriment des droits démocratiques du peuple camerounais.

Ce rejet intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une méfiance généralisée à l’égard des institutions électorales. Depuis le dépôt de sa candidature, Maurice Kamto, ancien leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), pour certains, s’était imposé comme l’une des figures majeures de l’opposition. Sa candidature portait les espoirs d’une partie de la population en quête d’alternance après plus de quatre décennies de règne ininterrompu du président Paul Biya.

Mais la confirmation par le Conseil de son exclusion du scrutin par le Conseil constitutionnel, après un contentieux préélectoral houleux, et une première invalidation de sa candidature par Election’s ravivent les tensions et relancent le débat sur la crédibilité des institutions. Le MANIDEM estime que la juridiction constitutionnelle a manqué à son devoir d’impartialité. « Ce verdict, loin de répondre aux exigences de justice, de vérité électorale et de respect de la volonté populaire, confirme une fois de plus la soumission totale de cette institution à l’exécutif », peut-on lire dans le communiqué signé, Valentin Dongmo, vice-président de cette formation politique. Pour le MANIDEM, la décision du Conseil constitutionnel ne fait que révéler la « faillite complète du système politique en place », accusé de confisquer les droits fondamentaux des citoyens et de verrouiller tous les mécanismes d’expression démocratique.

En conséquence, le MANIDEM annonce une rupture stratégique majeure : il ne participera plus à aucune élection organisée sous ce qu’il qualifie de « régime antidémocratique ». Ce retrait marque un tournant significatif dans la lutte politique. « Il n’est plus question de jouer un rôle de figurant dans un théâtre électoral dont l’issue est décidée d’avance dans les cercles opaques du pouvoir », affirment les dirigeants du mouvement.

Au-delà de la seule contestation du processus électoral, le MANIDEM dresse un réquisitoire sévère contre le régime en place. Il accuse le pouvoir de Yaoundé d’instrumentaliser les lois, d’intimider les opposants, de verrouiller les médias publics et de privatiser les institutions républicaines à des fins partisanes. Un système qui, selon le parti, « rejette toute idée d’alternance, étouffe les libertés et empêche l’émergence d’un débat politique sain ».

Cependant, loin de se retirer de la vie politique, le MANIDEM entend poursuivre son combat sous d’autres formes. Il réaffirme son engagement pour « un véritable État de droit, la souveraineté populaire et la refondation républicaine du Cameroun ».

 

Julien Efila

 

 

 

 

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