Présidentielle 2025: Ateki Seta Caxton dévoile sa vision
Axées sur un nouveau modèle fédéral, la justice sociale, la transparence institutionnelle et un développement économique soutenu, les priorités du candidat du Parti de l’Alliance libérale (PAL) ont été présentées le 1ᵉʳ août dernier à Yaoundé.
C’est devant un parterre de professionnels des médias qu’Ateki Seta Caxton, jusque-là peu connu du grand public, a exposé, le 1ᵉʳ août dernier, un programme qui tranche avec la rhétorique politique habituelle. En cas de victoire au scrutin présidentiel du 12 octobre prochain, le candidat investi par le PAL entend mettre en œuvre une refondation systémique du Cameroun à travers un projet qu’il qualifie lui-même de « transformation historique irréversible ».
Au cœur de ses priorités figure la mise en place d’un modèle fédéral à dix États autonomes, dirigés localement et libérés de la tutelle des postes nommés comme les gouverneurs ou les préfets. Il s’agira, selon lui, d’un transfert réel de compétences vers les collectivités locales, couplé à une réforme profonde de la gouvernance territoriale. Cette fédéralisation serait accompagnée de l’adoption d’un numéro d’identification sociale unique pour chaque citoyen, dès la naissance, afin de garantir une traçabilité sociale et administrative juste.
Sur le plan économique, le candidat propose une stratégie de relance ambitieuse fondée sur un « paquet minimal social ». Ce dernier prévoit des investissements massifs dans l’industrie, les infrastructures et l’agriculture, visant à doubler le PIB par habitant et à créer une dynamique d’emploi durable. Il envisage la création de 100 000 emplois d’ici 2030, notamment par la formation, la promotion de l’auto-emploi, l’appui aux start-ups et la transition du secteur informel vers le formel.
Dans une optique de développement souverain, Ateki Seta Caxton annonce la création d’une monnaie nationale, la valorisation des ressources locales, l’autonomie alimentaire et la transition énergétique verte. Il promet également une modernisation des infrastructures routières, aéroportuaires et touristiques, couplée à une sécurisation accrue des zones sensibles et une simplification des procédures de visa pour attirer les investissements étrangers et booster le tourisme.
Sur le plan social, il s’engage à rendre l’éducation primaire gratuite pour tous, à intégrer les enseignants précaires et à améliorer les infrastructures éducatives et médicales. La généralisation de la couverture santé, la revalorisation des salaires dans les secteurs sociaux et l’amélioration des services publics sont au cœur de sa vision de justice sociale.
Fervent défenseur de la bonne gouvernance, il promet l’application intégrale de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens des hauts fonctionnaires, la numérisation de l’administration publique et des audits réguliers des finances publiques. Il propose de réduire les délais judiciaires à 12 mois pour les affaires de corruption, renforçant ainsi l’efficacité et l’exemplarité des institutions.
Dans une perspective de paix durable, il prévoit un dialogue national inclusif, un processus de vérité et réconciliation, la démilitarisation progressive des zones de conflit et la libération des prisonniers politiques. Le renforcement de la démocratie passe également par une réforme de l’ELECAM, une indépendance réelle du pouvoir judiciaire et un accès élargi à l’information publique.
Jeune (37 ans seulement), il n’oublie pas la jeunesse, à qui il promet un fonds d’innovation, des infrastructures sportives et un mentorat digitalisé, ni les femmes, qu’il entend soutenir par un accès facilité au financement et des mesures pour lutter contre les violences sexistes.
La diaspora occupe aussi une place centrale dans son projet, avec la légalisation de la double nationalité, la création d’un fonds d’investissement dédié et une meilleure protection juridique des Camerounais de l’extérieur. Enfin, il insiste sur la valorisation du patrimoine culturel camerounais, la promotion de la pharmacopée traditionnelle, et la création d’un espace national des cultures, tout en ancrant sa diplomatie dans une approche décentralisée, proactive, et résolument panafricaine.
Julien Efila

