Pré-campagne : Hiram Iyodi veut convaincre par la proximité

Face aux accusations et aux doutes, le candidat du FDC à la présidentielle du 12 octobre, mise sur le contact direct et l’écoute des populations.

Le mot d’ordre est clair : « bâtir ensemble un Cameroun fédéral ». Depuis son discours devenu viral sur les réseaux sociaux, Hiram Samuel Iyodi, candidat du Front des Démocrates Camerounais (FDC), déclaré à la présidentielle de 2025, s’impose comme l’un des nouveaux visages d’une campagne marquée par la quête d’alternatives. Dans un pays encore traversé par les « tensions identitaires » et le poids du « centralisme », l’ancien entrepreneur et homme politique entend faire du fédéralisme la clé d’unité nationale et de prospérité partagée.

S’appuyant sur une rhétorique inclusive, Hiram Iyodi a lancé un appel direct aux Camerounais : « Le Cameroun est notre maison commune. La solution à nos problèmes n’est pas dans la division, mais dans une nouvelle forme d’unité. Cette solution, c’est le fédéralisme ». Ce message, largement relayé en ligne, a rapidement trouvé un écho auprès de ceux qui dénoncent l’immobilisme du système actuel. Mais le candidat ne se limite pas aux déclarations. Le 28 août dernier, il s’est rendu au marché central de Douala, au plus près des commerçants et des habitants. « Dans leurs regards, j’ai vu de la détermination, de la résilience, de l’espoir et aussi des inquiétudes », a-t-il confié. Une stratégie de proximité assumée, destinée à contrer les rumeurs qui l’accusent d’être un « pion du pouvoir en place ».

Pour lui, « le peuple est la véritable force du Cameroun ». Au cœur de son programme, articulé autour de « 12 clés », Iyodi défend une vision de rupture : autonomiser les régions, rapprocher la décision politique des réalités locales et rompre avec le centralisme qu’il juge paralysant. Dans son discours, il invite à imaginer « un Cameroun où les richesses locales servent d’abord à construire les écoles, les hôpitaux et les routes de nos villages ». Une perspective qui, selon lui, permettrait non seulement de stimuler le développement, mais aussi de réduire les frustrations à l’origine des tensions dans les régions anglophones.

Ce plaidoyer pour le fédéralisme s’inscrit dans une volonté de réconciliation nationale. « Le fédéralisme est la clé pour apaiser les tensions. Il reconnaît nos systèmes juridiques et éducatifs distincts. Il s’agit de dire à chacun que son identité est précieuse », a-t-il insisté. Un discours qui tranche avec la polarisation habituelle, souvent dominée par la dénonciation ou la recherche d’alliances fragiles. En se présentant donc comme le candidat de la proximité et du dialogue, le candidat du FDC tente d’occuper un espace politique encore peu investi : celui du renouveau par l’écoute et la valorisation des diversités locales. Sa démarche séduit une partie de la population, qui voit en lui une figure de renouveau, porteuse de nationalisme, de panafricanisme et d’ouverture au monde. Certains commerçants rencontrés à Douala l’ont d’ailleurs assuré de leur soutien, signe d’un engouement naissant.

Reste à savoir si cette stratégie suffira à transformer une popularité numérique et des promesses de terrain en dynamique électorale réelle. Dans une campagne où la méfiance envers les élites demeure forte, la capacité d’Hiram Iyodi à maintenir son cap, à convaincre au-delà de l’effet viral et à structurer une base électorale solide sera déterminante. Pour certains observateurs de la scène politique, : « en plaçant le fédéralisme au centre du débat, il a réussi à repositionner la question de l’unité nationale comme enjeu majeur de la présidentielle de 2025 ».

H.T.

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