Présidentielle 2025 : L’appel des Forces du Changement pour un candidat consensuel
Le Consortium des Forces du Changement a révélé son plan pour une transition démocratique le 27 août dernier à Douala.
Les leaders du Consortium des Forces du Changement, une coalition composée des groupes Groupe de Douala, Les Patriotes du Changement et Soif d’Avenir, se sont réunis à Douala le 27 août dernier, au sein du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). L’objectif ? Ouvrir une nouvelle ère pour le Cameroun en mettant fin à plus de quatre décennies de « pouvoir autoritaire » du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), un régime jugé « responsable de la paupérisation générale et du verrouillage politique du pays ».
Lors de cette rencontre, Cyrille Sam Mbaka, Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, représentants du Groupe de Douala, ainsi que Vincent Nkong Njock des Patriotes du Changement, ont dévoilé un projet audacieux : l’unité de l’opposition autour d’un candidat consensuel. Ce dernier, soutenu par le peuple, aurait pour mission de lancer une transition pacifique vers une Troisième République, après 43 ans sous l’ombre de Paul Biya. « Ce n’est plus le moment de discuter d’ego ou d’ambitions personnelles. Ce qui compte, c’est le peuple camerounais », a martelé Sam Mbaka, appelant à une unité sacrée capable de renverser le régime actuel.
Cependant, l’une des questions qui se pose au sein de l’opposition est la possibilité d’une candidature unique. Malgré les bonnes intentions, plusieurs candidats se sont déjà déclarés pour la présidentielle d’octobre 2025. Néanmoins, pour les Forces du Changement, l’unité est impérative. Anicet Ekane l’affirme : « Si l’on reste divisé, ce sera le maintien du système en place. L’unité est la seule voie qui nous permettra de renverser ce régime ».
Mais cette dynamique unitaire ne sera pas sans obstacles. Certains candidats ne semblent pas prêts à abandonner leurs ambitions, mais le Consortium reste optimiste : « Ce sont les masses populaires qui pousseront ces candidats à s’unir. Le changement, c’est avant tout l’affaire du peuple », précise Djeukam Tchameni. Ce dernier insiste sur le fait que la candidature consensuelle ne sera pas choisie en fonction de critères populaires ou médiatiques, mais selon une « légitimité populaire » et la capacité à incarner le changement pour la majorité des Camerounais.
Le peuple, cœur du projet de refondation
Au cœur de ce projet de transition, le peuple camerounais joue un rôle clé. « Depuis l’indépendance, nous n’avons jamais eu la chance de choisir nos dirigeants. Ce système a écrasé notre nation, et il est temps de rendre le pouvoir au peuple », explique Djeukam Tchameni. Cette volonté de redonner la parole au peuple se matérialise par une série de mesures concrètes prévues dans le programme des Forces du Changement : une transition de cinq ans, une réforme de la Constitution et du Code électoral, un gouvernement d’unité nationale et une intégration décisive de la diaspora camerounaise.
L’importance de la diaspora, estimée à plus de 6 millions de personnes, est un point fondamental du programme. Malgré les contributions économiques énormes de cette population à travers les transferts de fonds, elle reste exclue du processus électoral. « La diaspora représente près de 15 % de la population camerounaise. Il est impensable qu’elle continue d’être traitée comme une entité étrangère. Leur exclusion du droit de vote est un scandale », lance Vincent Nkong Njock.
Mais au-delà de la diaspora, la jeunesse camerounaise occupe une place centrale dans la vision des Forces du Changement. « Unilatéralement abandonnée, cette génération est poussée à fuir sa terre natale pour rechercher un avenir incertain à l’étranger ». Le consortium annonce une priorité absolue pour cette jeunesse : garantir un emploi, des formations professionnelles, et un avenir sûr au Cameroun. Sam Mbaka rappelle que le pays ne peut plus se permettre de voir ses jeunes périr en mer Méditerranée, fuyant un système qui ne leur donne aucune perspective.
A l’en croire, la transition ne se limitera pas aux jeunes. Le Consortium souhaite également instaurer un véritable État de droit, en mettant fin à la répression systématique des opposants et en libérant les prisonniers politiques. « La transparence et la justice seront les fondements de cette nouvelle ère. Ceux qui ont pillé les ressources du pays devront rendre tout ce qu’ils ont volé », avertit Anicet Ekane.
Pour ce faire, les Forces du Changement s’engagent à organiser une mobilisation populaire sans précédent, centrée sur la protection du vote. « Le peuple sera notre rempart. Nous allons protéger le vote et nous ne tolérerons aucune fraude électorale », insiste Sam Mbaka. Qui indique qu’un contrôle citoyen du processus électoral sera mis en place pour garantir que la vérité des urnes soit respectée.
Hélène Tientcheu

