Présidentielle 2025 : Pierre Kwemo, entre promesse d’alternance et soupçons de dispersion
Candidat de l’Union des Mouvements Socialistes, l’ancien vice-président du SDF divise. Ses adversaires l’accusent de fragiliser l’opposition, tandis qu’il promet une alternance dès le soir du 12 octobre.
La candidature de Pierre Kwemo à la présidentielle du 12 octobre 2025 nourrit un vif débat. Officiellement investi par l’Union des Mouvements Socialistes (UMS), l’ancien vice-président du Social Democratic Front (SDF) se présente comme l’homme du renouveau. Mais pour nombre d’observateurs, son entrée en lice pourrait accentuer la dispersion des voix dans un scrutin où l’opposition cherche encore une formule d’unité.
La plateforme politique Mediatude a ouvertement posé la question : « Pour qui roule Kwemo Pierre ? ». Selon elle, la diffusion anticipée de gadgets de campagne trahit une stratégie solitaire, en contradiction avec ses appels répétés à une coalition. « Il est évident que Pierre Kwemo, avec ses ambitions hypocrites, tente de manipuler le peuple en prétendant réclamer une coalition, tout en investissant massivement dans sa propre campagne », critique la plateforme, rappelant aussi la gestion contestée de la mairie de Bafang à l’Ouest du pays.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte où d’autres formations, à l’image du SDF, ont choisi de bâtir des alliances. Le parti historique de l’opposition dit avoir déjà réuni une vingtaine de partis, une quinzaine de syndicats et plusieurs personnalités influentes. Une approche jugée plus pragmatique par certains analystes, alors que la fragmentation de l’opposition nourrit régulièrement les doutes sur sa capacité à représenter une alternative crédible au pouvoir en place.
Face à ces critiques, Pierre Kwemo revendique un projet clair et une rupture avec ce qu’il appelle « l’attentisme politique ». En conférence de presse le 23 août à Yaoundé, il a appelé les Camerounais à « choisir un leader capable de reprendre le destin de la nation en main en répondant aux aspirations du peuple tout en préservant le bien-être de tous et de chacun ».
L’ancien député se positionne sur un terrain social : réduction des inégalités, promotion de la justice sociale, accès équitable aux services publics, dignité humaine. Autant de priorités qu’il inscrit dans une vision fédératrice. Pour lui, « le peuple détient les clés pour entrer dans une nouvelle ère », à condition de s’engager collectivement dans la transformation du pays. Pour marquer sa détermination, le candidat de l’UMS n’a pas hésité à lancer une déclaration choc : « Il y aura alternance au sommet de l’État au soir du 12 octobre prochain ». Une promesse qui tranche avec les doutes exprimés par ses détracteurs, et qui pourrait séduire une frange d’électeurs en quête de certitudes dans une campagne marquée par l’incertitude.
La stratégie de Pierre Kwemo repose donc sur un double pari : convaincre qu’il incarne une véritable alternative, et démontrer qu’il n’est pas l’instrument de la division dénoncée par ses opposants. À six semaines du scrutin, reste à voir si sa candidature pourra s’imposer comme une option sérieuse ou si elle sera perçue comme une énième fragmentation du camp de l’opposition.
O.M.

