Ndollè City: Quand le tourisme rallume les ambitions d’une ville nouvelle
Adossé au programme d’investissement WDI, le projet Ndollè City veut devenir un moteur touristique majeur. Entre financements validés, intérêt international, la future cité éco-digitale prend une autre dimension.
À l’heure où le Cameroun prépare la pose de la première pierre de Ndollè City, les acteurs du tourisme voient dans ce chantier de ville éco-digitale, une occasion rare de redessiner la carte des destinations africaines. Car derrière les chiffres impressionnants, un enjeu se dessine : faire de Sikoum-Dibamba dans le Littoral, une porte d’entrée pour un tourisme d’affaires et de loisirs capable d’irriguer toute la région. « Nous n’attendons pas une simple ville, mais une véritable vitrine », confie un responsable d’agence de voyages de Douala.
La validation récente du droit de tirage privilégié, estimé à 10,7 milliards de dollars (près de 6 035 milliards de FCFA) par an, a renforcé cette perspective. En confirmant la conformité du dispositif aux règles de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), le ministère des Finances a rassuré un secteur hôtelier qui scrute depuis longtemps l’arrivée d’un projet d’envergure. Pour plusieurs opérateurs, ce feu vert administratif ouvre la voie à des investissements complémentaires dans le transport, l’hébergement et les services.
Dans cette dynamique, l’intérêt manifesté par des institutions comme le Forum économique mondial a créé un effet d’entraînement. Les professionnels du voyage soulignent qu’une telle reconnaissance internationale « change l’image du pays et crédibilise l’offre ». Le programme d’investissements World Dream Investment (WDI) compte d’ailleurs capitaliser sur cette attention en organisant une tournée de table mondiale destinée à sécuriser les financements additionnels liés aux premiers 10,7 milliards déjà mobilisés.
Le projet, qui prévoit une ville mêlant innovation, écologie et technologie, séduit d’autant plus qu’il annonce une capacité d’accueil hors normes. Avec plus de 5 300 entreprises internationales et 12 000 PME locales attendues, Ndollè City ambitionne de devenir un nœud régional où se mêleront salons professionnels, circuits touristiques et infrastructures culturelles. Les promoteurs estiment qu’environ 2,3 millions d’emplois directs et indirects pourraient émerger, un signal fort pour les industries créatives.
Sur le terrain, les agences anticipent déjà une montée en gamme de leur offre. Certaines préparent des circuits adaptés au tourisme durable, d’autres imaginent des forfaits alliant visites industrielles et séjours écologiques. « Nous voulons offrir une expérience cohérente avec l’esprit du projet », explique une promotrice qui voit dans Ndollè City un levier pour attirer une clientèle internationale plus exigeante.
La construction de cette cité éco-digitale s’inscrit dans la SND30, qui place le tourisme parmi les filières appelées à diversifier l’économie nationale. Les pouvoirs publics affirment que le projet, soutenu par le chef de l’État, doit générer un flux régulier de visiteurs en quête d’évasion, d’affaires ou de formation. La perspective d’une ville pensée dès l’origine pour accueillir des congrès et des expositions attire particulièrement les professionnels.
Pour autant, les promoteurs rappellent que cette ambition repose sur une collaboration étroite entre État et secteur privé. Le protocole d’accord signé en août 2025 prévoit un accompagnement administratif renforcé afin d’assurer la sécurité juridique des investissements. « Nous avançons dans un cadre régulé, pensé pour durer », a insisté le Vice-président du Comité interministériel de suivi, de facilitation et d’accompagnement du programme WDI, par ailleurs Directeur général d’Impex Trading, qui porte le projet.
Toutefois, la mobilisation de grands groupes bancaires internationaux, parmi lesquels Access Bank ou Citi via ses correspondants, conforte l’idée que Ndollè City peut devenir un pôle touristique structurant. Ces partenaires voient dans le projet une opportunité de créer une destination capable de rivaliser avec certaines villes émergentes d’Asie ou du Moyen-Orient. À mesure que la date du lancement officiel approche, le secteur touristique s’organise. Des opérateurs testent déjà des produits pilotes, tandis que des écoles spécialisées envisagent d’adapter leurs formations aux besoins annoncés de la future cité. Beaucoup y lisent une chance rare de moderniser les standards de la profession.
En février 2026, le début des travaux sur les 1 500 hectares de Sikoum-Dibamba devrait marquer une étape symbolique. Pour les agences de voyages, ce moment représentera la première pierre d’un repositionnement stratégique. Elles espèrent que Ndollè City deviendra non seulement un symbole d’innovation, mais aussi un moteur capable de propulser le Cameroun dans la compétition touristique mondiale.
H.T

