Régionales 2025: Elecam ajuste le cap

À l’approche des élections régionales du 30 novembre, Elecam multiplie les garanties de transparence tandis que l’État durcit le ton face aux tensions post-présidentielles.

À quelques jours de la tenue des élections les régionales, Elections Cameroon (Elecam) entend rassurer. L’institution électorale, qui veut refermer la parenthèse de la présidentielle, a réuni ses responsables régionaux le 11 novembre à Yaoundé pour un dernier point sur les préparatifs. « Il n’y a pas de petites élections », a martelé son directeur général, Érik Essoussé, insistant sur la nécessité d’une rigueur identique à celle exigée lors du scrutin présidentiel d’octobre dernier. Cette rencontre, qualifiée de « troisième session de plein droit », avait un objectif clair : garantir un processus fluide, techniquement maîtrisé et politiquement apaisé.

D’emblée, Elecam a mis en avant une amélioration du fichier électoral, issu d’un long travail d’assainissement. La modernisation du matériel, rendue possible grâce à une coopération technique avec des partenaires chinois, s’ajoute à la reprise de la production des cartes d’électeur, un défi que l’institution dit avoir relevé avec l’appui du gouvernement. Selon les délégués régionaux, les opérations suivent leur cours : 33 bureaux de vote annoncés dans le Centre, un fichier en finalisation dans l’Adamaoua ou encore deux collèges électoraux mobilisés dans le Littoral, où la distribution des cartes doit commencer en début de semaine.

Parallèlement à ces avancées administratives, le cadre légal se rappelle aux candidats. L’élection du 30 novembre, convoquée par décret le 1er septembre, renouvelle pour la deuxième fois les conseils régionaux, conformément au cycle quinquennal fixé par le Code électoral. Les conditions d’éligibilité restent strictes : être Camerounais, inscrit sur une liste, âgé d’au moins 23 ans et résident d’au moins six mois dans la commune concernée. Le texte prévoit toutefois des dérogations, notamment pour les chefs traditionnels ou pour les personnes disposant d’un domicile avéré dans la région. Les incompatibilités, elles, ciblent les militaires, policiers, agents régionaux ou toute personne en situation de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère. L’administration dispose de trois jours pour trancher en cas de contestation.

Cependant, tandis qu’Elecam met l’accent sur la transparence, le climat sécuritaire reste marqué par les tensions ayant suivi la présidentielle. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, en déplacement à Douala le 12 novembre, a dressé un bilan sévère : 829 arrestations, dont 36 mineurs et 26 femmes, après les troubles survenus dans le Littoral. Il a dénoncé « des politiciens irresponsables » accusés, selon lui, d’avoir « manipulé et drogué des enfants » pour vandaliser des biens publics. « Ces individus seront traités avec la plus grande fermeté », a-t-il prévenu, qualifiant leurs actes de menace directe contre la République.

Pour autant, le ministre a salué le « professionnalisme » des forces de sécurité et la « résilience » des populations qui, selon lui, ont refusé de céder aux appels à la contestation. Il a exhorté les Camerounais à « rejeter le désordre » et à se réunir autour du projet d’un « Cameroun uni et prospère ». Cette communication ferme intervient alors que les régionales s’annoncent comme un test de confiance entre institutions, élus locaux et électeurs. Ainsi, alors qu’Elecam privilégie le registre technique et organisationnel, le gouvernement assume un discours sécuritaire destiné à prévenir toute dérive.

H.T

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
16 ⁄ 8 =


Enregistrez vous à notre newsletter