Douala: La voirie urbaine se redessine
Alors que le Cameroun entre dans une période politique déterminante avec l’élection présidentielle prévue pour le 12 octobre 2025, la capitale économique du pays, se transforme peu à peu en un vaste chantier routier à ciel ouvert.
La Communauté urbaine de Douala (CUD) a lancé depuis le mois de mai une série de travaux de réhabilitation de la voirie, s’inscrivant dans une dynamique d’amélioration des infrastructures routières. Officiellement annoncés comme une réponse aux besoins pressants de mobilité urbaine et de modernisation de la ville, ces chantiers soulèvent également des interrogations quant à leur opportunité politique, leur faisabilité technique, et leur impact réel sur la qualité de vie des populations. D’aucuns parlent d’une campagne électorale. « Cette série de chantier n’est pas anodine », exprime un analyste politique qui a requis l’anonymat. En occurrence, depuis le 26 juin 2025, les usagers du carrefour Kotto Immeuble jusqu’au Supermarché Santa Lucia font face à des restrictions de circulation en raison d’un important chantier de réhabilitation. Prévu pour durer trois semaines, le chantier, toujours en cours à ce jour, s’inscrit dans une vague plus large d’interventions routières entreprises par la CUD.
Par ailleurs, un autre chantier d’envergure, celui du tronçon pavé allant de PK11 à PK14, mobilise engins, ouvriers et entreprises spécialisées dans les travaux publics. Plus récemment encore, les travaux ont débuté le 15 juillet 2025 sur l’axe stratégique allant de l’entrée du Lycée Ndogpassi jusqu’au carrefour Chefferie Ndogpassi. Cette zone, particulièrement dense en circulation et en population, souffre depuis plusieurs années d’une dégradation avancée de la chaussée. L’objectif affiché est de fluidifier le trafic, réduire les risques d’accidents, et surtout améliorer l’accessibilité de certains quartiers enclavés. À ces nouveaux chantiers s’ajoutent plusieurs autres ouvrages récemment achevés. On note notamment la livraison du pont Bonabo dans le 5e arrondissement, infrastructure essentielle pour désengorger les quartiers périphériques, ainsi que le réaménagement du tronçon Sandaga – carrefour ancienne direction des Douanes, axe majeur de liaison entre le centre administratif et les zones commerciales.
Il faut le dire, les routes de Douala, souvent pointées du doigt pour leur délabrement avancé, constituent depuis plusieurs années un casse-tête pour les usagers. Trous béants, chaussées non bitumées, embouteillages monstres aux heures de pointe et absence de signalisation adéquate sont autant de réalités qui affectent négativement la fluidité des transports urbains. La coïncidence entre l’intensification des travaux et la proximité des élections présidentielles ne manque pas de faire réagir observateurs et citoyens. Pour certains, il s’agit d’un « réveil tardif », symptomatique d’une stratégie politique visant à séduire les électeurs par des gestes tangibles. « On voit souvent ce genre de choses à l’approche des élections. Les autorités se mobilisent, les chantiers fleurissent, mais après le scrutin, les choses stagnent à nouveau », déplore Emmanuel Nimpa, enseignant. Cependant, pour d’autres, les projets en cours ne doivent pas être uniquement lus à travers le prisme politique.
Charles Totchum

