Candidature consensuelle: L’UDC appelle au sursaut républicain
Dans une note datée du 14 août 2025, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) appelle l’ensemble des forces du changement à garder le cap sur l’objectif commun : l’alternance démocratique par les urnes.
Par la voix de son leader, l’honorable Tomaino Ndam Njoya, maire de Foumban et figure politique de premier plan, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) lance un vibrant appel à l’unité et à la responsabilité républicaine. Cet appel, solennel et stratégique, intervient à un moment charnière du processus électoral, dominé par un climat politique tendu et incertain, mais porteur d’une aspiration populaire massive au changement. Selon la note qui circule sur la toile, l’UDC, fidèle à ses principes de dialogue, de concertation et de réformes institutionnelles, tend la main à tous les acteurs engagés pour une rupture avec le système en place depuis plus de quatre décennies. En effet, depuis plusieurs années, une large frange de la population camerounaise réclame une véritable alternative politique, fondée sur la démocratie, la justice sociale et le développement inclusif.
C’est une exigence que les élections d’octobre 2025 cristallisent. Elle a progressivement donné naissance à une dynamique de rassemblement entre partis d’opposition, personnalités indépendantes, organisations de la société civile et forces patriotiques diverses. Dans cette perspective, l’UDC rappelle son rôle de pionnier au sein de la plate-forme des politiques engagés pour la modification consensuelle du système électoral camerounais, lancée depuis mars 2021. C’est également de cette base qu’a germé, lors de la présentation du portail web de la plateforme à Yaoundé, l’idée d’une candidature présidentielle consensuelle. Elle vise à éviter la dispersion des voix de l’opposition, en réunissant toutes les forces du changement derrière un seul candidat, porteur d’un programme commun. Le processus vers cette candidature consensuelle a connu plusieurs étapes, dont les plus marquantes sont les rencontres de Yaoundé (5 juillet 2025), de Foumban (2 août 2025), puis de nouveau à Yaoundé dans les locaux de la Foundation Muna pour un conclave stratégique.
Concertations
Ces réunions ont permis un examen lucide et sans complaisance de l’état du pays face aux inégalités criantes, à l’insécurité croissante, à la crise persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, aux tensions identitaires, au recul de l’État de droit, à la corruption endémique, au chômage massif des jeunes, etc. Ainsi, les formations politiques comme le PURS, le PAL, Univers et l’UDC ont poursuivi le dialogue, même après le retrait temporaire de certains acteurs (MCNC, FSNC, FDC) invoquant des contraintes d’agenda. Ces partis ont réaffirmé leur volonté de ne pas se résigner, et de poursuivre la dynamique unitaire pour éviter que l’histoire ne se répète. Notamment une opposition divisée face à un pouvoir bien structuré et aguerri.
À l’issue des concertations, les partis et candidats restés dans la dynamique ont pris deux engagements essentiels. Le premier est l’élargissement de la démarche à toutes les forces écartées de manière injuste du processus électoral, notamment les candidats dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel.
Le second est la consolidation d’un programme commun consensuel, socle des réformes institutionnelles à entreprendre au lendemain d’une éventuelle victoire. Ce programme vise à bâtir un nouveau Cameroun, fondé sur la justice sociale, la transparence de la gouvernance, la décentralisation effective, la réconciliation nationale et le développement endogène. L’UDC met en garde contre la tentation de la résignation ou du repli sur soi. Le contexte actuel, selon le parti, impose au contraire un sursaut républicain, où chaque acteur, politique ou non, doit mettre l’intérêt général au-dessus des calculs partisans. « Il est question, en allant à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, de la cohésion de différentes catégories d’acteurs autour de l’intérêt républicain : forces politiques, société civile, médias, syndicats, diaspora. Tous doivent se rassembler pour mettre fin à l’arbitraire et à l’impunité », martèle Tomaino Ndam Njoya dans son communiqué.
Menaces et intimidations
Cependant, l’UDC exhorte également les Camerounais à ne pas céder aux intimidations, aux menaces ou à l’achat de conscience. « La maturité politique du peuple camerounais, démontrée à maintes reprises, doit s’exprimer pleinement dans les urnes le 12 octobre prochain. » Car c’est par les urnes, insiste le parti, que doit se faire l’alternance pacifique, dans le respect de la légitimité démocratique. Au-delà de l’échéance électorale, l’UDC insiste sur la nécessité d’une structuration pérenne du front républicain, pour ancrer durablement une nouvelle culture politique dans le pays. Dans cette optique, les négociations en cours sur le partage des responsabilités dans les bureaux de vote, la mutualisation des moyens logistiques, la coordination de la communication et la stratégie de campagne deviennent prioritaires. « Une task force technique est déjà en cours de mise en place pour appuyer cette coordination », apprend-on.
Alors que la campagne électorale s’intensifie, les regards se tournent vers les leaders du changement. Parviendront-ils à surmonter les divisions historiques pour offrir au peuple camerounais une alternative crédible ? L’appel de l’UDC rappelle que le succès de cette ambition ne dépend pas seulement des partis, mais de la mobilisation collective de toute la nation camerounaise. L’appel de l’UDC se termine par un message d’espoir et de mobilisation : « Vive le Pacte républicain ! » Il invite les Camerounais à tourner la page de la division, de l’immobilisme et de l’autocratie, pour écrire ensemble un nouveau chapitre de la vie nationale, fondé sur la responsabilité, la participation citoyenne, la justice et l’unité. Le 12 octobre 2025 sera peut-être une date ordinaire dans le calendrier, mais elle pourrait aussi devenir un tournant décisif dans l’histoire contemporaine du Cameroun, si la mobilisation citoyenne et l’unité politique sont au rendez-vous.
Charles Totchum

