Consensus de l’opposition: Cabral Libii clarifie la position du PCRN

Alors que l’échéance présidentielle 2025 se veut cruciale pour l’histoire du Cameroun, certaines voix accusent Cabral Libii et son parti, le PCRN, de refuser l’unité de l’opposition.

La tension monte progressivement dans les cercles politiques camerounais à l’approche de la présidentielle du 12 octobre 2025. Comme à chaque échéance majeure, les appels à l’unité de l’opposition se multiplient, mais cette fois-ci, la cristallisation s’opère autour de la figure du député Cabral Libii, candidat déclaré à la magistrature suprême sous la bannière du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Ces derniers jours, une série de déclarations émanant de certains acteurs politiques et figures influentes sur les réseaux sociaux ont mis en cause l’engagement du PCRN dans la dynamique d’une candidature unique de l’opposition. Des accusations que le principal concerné balaie d’un revers de main, dénonçant une tentative manifeste d’affaiblissement stratégique. Dans une mise au point sur ses différentes plateformes numériques, il réfute catégoriquement ces allégations. « Toute chose qui est inexacte et à l’opposé de l’appel que nous avons nous-mêmes lancé il y a moins de 48 heures », précise-t-il.

Cet appel qui visait, selon lui, à réunir « tous les candidats, partis politiques et représentants de la société civile afin de mutualiser les forces en présence. » Face à ces propos jugés « diffamatoires », Cabral Libii y voit une tentative sournoise d’altérer la crédibilité de sa candidature, mais également de diviser davantage une opposition déjà morcelée par des ambitions concurrentes. « Il s’agit d’une stratégie bien pensée pour fragiliser notre candidature et, par ricochet, l’opposition camerounaise dans son ensemble », affirme-t-il. À en croire le président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, contrairement à ce que laissent entendre ses détracteurs, le PCRN insiste sur sa constante volonté de voir l’opposition parler d’une seule voix. Il faut souligner que depuis sa création, le parti s’est toujours présenté comme une force politique ouverte au dialogue, prônant la réconciliation nationale, la convergence des idées et la collaboration stratégique.

« Le PCRN, depuis des années, a toujours déclaré et œuvré pour le consensus, la mutualisation des efforts, et il reste fidèle à cette option », rappelle Cabral Libii. Une posture qui, selon lui, a été réitérée de manière claire lors d’une récente invitation de la présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Mme Tomaino Ndam Njoya, dans le cadre du suivi des travaux relatifs à une éventuelle candidature commune. Cependant, il affirme avoir décliné l’invitation non pas par rejet, mais par principe : « Nous lui avons dit que nous ne saurions nous impliquer dans le suivi des travaux auxquels nous n’avons pas participé, et avons réitéré notre disponibilité à discuter des conclusions avec les initiateurs », précise-t-il. En effet, le parti ne rejette pas les discussions collectives, mais tient à ce que les processus soient transparents, inclusifs et respectueux de toutes les parties prenantes. Il refuse également de servir de caution à des démarches où les grandes décisions seraient prises sans sa participation initiale.

Pour Cabral Libii, cette manière de procéder relève d’un souci de cohérence politique. « Il ne s’agit pas de boycotter ou de marginaliser un processus de concertation, mais plutôt de garantir que celui-ci se fasse dans la rigueur et la loyauté politique », confie un militant du PCRN. En rappel, le débat sur une candidature unique de l’opposition n’est pas nouveau au Cameroun. Depuis les années 1990, plusieurs tentatives ont été faites pour unir les forces politiques face au parti au pouvoir. Mais à chaque fois, les égos, les divergences idéologiques, ou encore les stratégies personnelles ont freiné les élans d’unité. En 2018 déjà, lors de la dernière élection présidentielle, Cabral Libii, alors candidat pour la première fois, faisait partie de ceux qui prônaient la convergence, tout en s’engageant dans une dynamique indépendante. Cette année encore, tout en réitérant son appel au rassemblement, il se dit déterminé à aller jusqu’au bout, avec ou sans union formelle.

Cabral2025.cm : un programme, une vision, une adresse au peuple

« Le peuple camerounais est mûr. Il veut le changement. Il aspire à un projet clair, à une vision réaliste et à une gouvernance responsable. C’est ce que nous incarnons. C’est ce que nous proposons », martèle-t-il. Dans la continuité de cette mise au point, Cabral Libii annonce s’adresser directement aux Camerounais via son site officiel de campagne, www.cabral2025.cm. Une plateforme numérique qui servira non seulement à communiquer sur le programme de gouvernement du PCRN, mais aussi à répondre en temps réel aux préoccupations citoyennes. « Nous mettrons tout en œuvre pour permettre au peuple épris de changement, à tous les Camerounais de réussir ensemble », conclut-il, reprenant ainsi le slogan qui incarne son projet politique depuis plusieurs années. En rappelant son attachement au dialogue tout en dénonçant les manipulations, Cabral Libii se positionne comme un candidat de rupture, certes, mais aussi de responsabilité.

Toutefois, au-delà de la polémique du moment, c’est toute la question de l’unité de l’opposition qui est relancée. Peut-on véritablement construire un front uni dans un paysage où les ambitions sont souvent concurrentes ? Peut-on faire abstraction des différences pour bâtir une alternative crédible au pouvoir en place ? Et surtout, cette union, si elle devait avoir lieu, sera-t-elle le fruit d’une vraie concertation ou d’un calcul électoral de circonstance ? Des interrogations auxquelles seuls les faits répondront dans les semaines à venir.

Charles Totchum

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