PVGFD: Douala et Yaoundé changent de méthode pour construire la ville de demain

Le 8 juillet 2026 à Douala, le ministère de l’Habitat et du développement urbain, les collectivités territoriales de Douala et Yaoundé et la Banque mondiale ont officialisé les Contrats de Ville du Projet villes et gestion foncière durables (Pvgfd), doté de près de 120 milliards FCFA.

Ce ne sont pas seulement des routes, des drains ou des équipements qui ont été lancés le 8 juillet à Douala. Avec la signature des Contrats de Ville du Projet villes et gestion foncière durables (Pvgfd), l’État entend modifier la manière dont les grands projets urbains sont conduits. Désormais, les collectivités bénéficiaires devront rendre compte des résultats obtenus, tandis que l’État assurera le financement, le suivi et la coordination des investissements. La cérémonie, organisée à Douala sous la présidence de la ministre de l’Habitat et du développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a réuni les responsables des villes de Douala et Yaoundé, des représentants de la Banque mondiale ainsi que plusieurs autorités administratives. Ensemble, ils ont scellé un partenariat appelé à transformer durablement les deux principales métropoles du pays.

« L’obligation de résultats, la transparence dans l’exécution des budgets et l’entretien des infrastructures sont les directives du chef de l’État que nous devons mettre en œuvre », a rappelé Célestine Ketcha Courtès. À travers ces contrats, les différents acteurs s’engagent sur des objectifs précis, avec des responsabilités clairement définies. Le programme bénéficie d’un financement de 200 millions de dollars, soit près de 120 milliards de FCFA, mobilisés avec l’appui de la Banque mondiale pour une période de six ans. L’ambition est de répondre à plusieurs difficultés qui freinent le développement des villes : les inondations, la dégradation des routes, les problèmes de mobilité et les lenteurs dans la gestion des titres fonciers.

À Douala, les premières réalisations concernent notamment plus de 14 kilomètres de voiries et près de 10 kilomètres de drains destinés à faciliter l’évacuation des eaux de pluie. Les quartiers de Douala III et Douala V figurent parmi les premiers bénéficiaires, avec l’achèvement annoncé de 2,6 kilomètres de drains structurants. Ces ouvrages devraient limiter les inondations qui affectent régulièrement ces secteurs pendant les fortes pluies. À Yaoundé, le projet prévoit également la construction ou la réhabilitation d’environ 13 kilomètres de voiries, tout en poursuivant les aménagements engagés dans le cadre du précédent Projet de développement des villes inclusives et résilientes (Pdvir). En parallèle, 200 000 dossiers fonciers devraient être numérisés afin de simplifier les démarches des usagers et de sécuriser les droits de propriété.

La phase opérationnelle du projet a débuté au PK11, dans l’arrondissement de Douala V, où la ministre a donné le coup d’envoi des travaux de construction des drains structurants. « À travers ce projet, nous traduisons en actes les orientations du chef de l’État en faveur de villes plus résilientes, plus inclusives et plus agréables à vivre », a-t-elle déclaré devant les populations. Au-delà des chantiers, le gouvernement veut également renforcer les moyens des collectivités locales. Deux balayeuses mécaniques ont ainsi été remises à la Communauté urbaine de Douala et à la mairie de Douala III pour améliorer l’entretien des espaces publics.

Inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030, le Pvgfd doit servir de modèle pour les futurs investissements urbains. Si les engagements sont tenus, Douala et Yaoundé pourraient devenir les premières vitrines d’une gouvernance où les résultats comptent autant que les financements mobilisés.

Hélène Tientcheu

 

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