Révision des listes électorales: Elecam mise sur le numérique
Elections Cameroon déploie une campagne digitale du 22 au 30 avril 2026 pour attirer de nouveaux électeurs et restaurer la confiance dans le fichier électoral.
À l’approche des prochaines échéances électorales, Elections Cameroon (Elecam) change de méthode pour capter l’attention des citoyens. Depuis le 22 avril 2026, l’institution a lancé une campagne de communication sur Internet, avec pour objectif de faire grimper le nombre d’inscrits sur les listes électorales et convaincre les hésitants de franchir le pas. A en croire le directeur général d’Elecam, Erik Essousse, « le fichier électoral compte aujourd’hui plus de huit millions d’inscrits, précisément 8 003 760 électeurs ». Mais derrière ce chiffre, l’enjeu reste entier : élargir la base électorale. En quatre mois, seulement 88 156 nouvelles inscriptions ont été enregistrées. Un progrès jugé encourageant, mais encore insuffisant au regard des ambitions affichées.
C’est dans ce contexte que l’organe en charge des élections a décidé de se tourner résolument vers le numérique. « Aujourd’hui, la communication passe largement par le digital. Il est donc essentiel pour nous de nous arrimer à ces outils modernes », explique Erik Essousse. Concrètement, des messages ciblés sont diffusés tous les deux jours sur les plateformes officielles : Facebook, X, WhatsApp et le site web d’Elecam. D’abord, la campagne s’adresse en priorité aux jeunes, aux femmes, aux personnes vivant avec un handicap et aux minorités. Un choix loin d’être anodin. En effet, selon les données d’Elecam, les jeunes représentent près de 70 % des nouveaux inscrits. « C’est la preuve que la dynamique est positive », se félicite le directeur général, qui voit dans cette tendance un levier pour renforcer la participation citoyenne.
Ensuite, les messages diffusés vont à l’essentiel. S’inscrire, vérifier son nom, changer de bureau de vote : chaque étape est expliquée de manière simple. « Vous êtes âgés de 20 ans ou plus ? Inscrivez-vous sur une liste électorale », martèle l’un des slogans. L’idée est de lever les freins, souvent liés à un manque d’information ou à des démarches perçues comme complexes. Par ailleurs, Elecam insiste sur la possibilité de vérifier son inscription en ligne. Une innovation qui vise à rapprocher l’administration des citoyens. « Les électeurs peuvent consulter leur situation à tout moment sur notre site », précise Erik Essousse. Toutefois, les antennes locales restent ouvertes pour ceux qui préfèrent le contact direct.
Dans le même temps, la question des radiations est abordée sans détour. Sujet sensible, elle alimente régulièrement les débats. Là encore, Elecam se veut rassurant. « Il ne peut pas y avoir de radiations arbitraires. Tout est encadré par la loi », affirme le responsable, évoquant des cas précis comme les décès ou les décisions de justice. En cas d’erreur, des recours existent. Mais au-delà de l’information, la campagne se veut aussi une riposte à la désinformation. Sur les réseaux sociaux, les rumeurs autour du processus électoral circulent vite. « La désinformation est un défi majeur. Nous invitons les citoyens à se référer uniquement à nos canaux officiels », insiste Elecam.
Cette offensive numérique intervient dans un calendrier particulier. Avec un délai prolongé avant les prochaines échéances, Elecam entend optimiser ce temps. « Nous allons intensifier la mobilisation et améliorer notre organisation. Nous devons être prêts, pleinement prêts », assure le directeur général. Cependant, pour de nombreux sceptiques, c’est bien sur le terrain que se jouera la crédibilité du processus électoral.
H.T

