Vice-présidence: Cabral Libii ravive le débat autour du fauteuil vacant
Cinq mois après la révision constitutionnelle ayant consacré la création de ce poste, le député du PCRN, dans une vidéo publiée le 17 septembre dernier, somme Paul Biya de passer à l’acte, au risque d’envenimer les tensions liées à la succession au sommet de l’État.
« Je vous en conjure, monsieur le président de la République, nommez votre vice-président ». C’est par cette interpellation directe que Cabral Libii a choisi de remettre la question de la vice-présidence au centre du débat politique au Cameroun. Dans une vidéo publiée le 17 septembre 2026 sur ses plateformes officielles, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) s’adresse directement à Paul Biya et l’invite à pourvoir un poste qui demeure vacant depuis l’adoption de la dernière révision constitutionnelle d’avril 2026.
Cinq mois après cette réforme, la fonction de vice-président existe bel et bien dans l’architecture institutionnelle, mais aucun titulaire n’a encore été désigné. Une situation qui interpelle le député, pour qui cette vacance ne devrait plus se prolonger.
Pour justifier sa demande, Cabral Libii refuse de réduire la vice-présidence à une simple fonction administrative. « Le vice-président n’est pas un poste administratif de plus à pourvoir dans le contexte actuel. « Nommer votre vice-président, c’est sécuriser votre magistère », affirme-t-il.
Dans son raisonnement, la nomination participerait donc à la consolidation du fonctionnement institutionnel au sommet de l’État. Il ne s’agit pas, à l’entendre, de créer un poste supplémentaire pour compléter l’organigramme des institutions, mais de mettre en place un dispositif susceptible d’apporter davantage de stabilité et de visibilité dans la conduite des affaires de l’État.
L’argument intervient dans un contexte institutionnel nouveau. La révision constitutionnelle adoptée par le Parlement réuni en Congrès le 4 avril 2026 et promulguée par Paul Biya le 14 avril a réintroduit la fonction de vice-président dans la Constitution.
Selon les nouvelles dispositions, le vice-président est nommé et révoqué par le président de la République. Il exerce les compétences qui lui sont déléguées par le chef de l’État.
Surtout, son rôle prend une importance particulière en cas de vacance de la présidence : il est alors appelé à achever le mandat présidentiel en cours. C’est précisément cette dimension qui donne à la nomination une portée particulière.
Le vice-président n’est seulement appelé à assister le président dans certaines missions. La Constitution lui confère également un rôle dans la continuité du pouvoir présidentiel. Le choix du titulaire constitue donc un acte institutionnel majeur qui relève directement de la prérogative du chef de l’État. Et Cabral Libii semble savoir les critères qui doivent guider le choix de la personne à nommer. Le président du PCRN cite trois qualités principales : la loyauté, la discrétion et l’expérience dans la gestion de l’État.
Sans avancer de nom, il dessine donc le profil du responsable qu’il considère comme susceptible d’occuper le poste. Une personnalité expérimentée, capable de travailler dans la confiance du président et de s’inscrire dans la continuité de l’action gouvernementale.
Pour l’heure, aucune personnalité n’a été officiellement désignée pour occuper la vice-présidence. Cette absence de nomination laisse naturellement place aux spéculations sur le profil du futur titulaire. Plusieurs noms peuvent circuler dans les conversations politiques, mais aucune désignation officielle ne permet encore de confirmer ces hypothèses.
H.T

