Incident sur la visite papale: Cabral Libii propose une refonte du système de diffusion
Après l’incident survenu le 15 avril lors de la retransmission du discours de Léon XIV, le député du Pcrn propose des solutions structurelles afin d’éviter de nouvelles défaillances de ce type qui n’honorent pas le Cameroun.
L’incident n’aura duré que quelques minutes, mais ses répercussions, elles, pourraient s’inscrire dans la durée. La coupure du signal survenue le 15 avril lors de la retransmission du discours du pape Léon XIV sur la CRTV continue de susciter interrogations et critiques.
Au-delà des explications techniques fournies par l’office national de radiodiffusion, l’élu de la nation choisit de déplacer le débat. Pour lui, le problème est moins technique que structurel. Dans une analyse rendue publique, Cabral Libii met en cause un déficit de coordination entre la CRTV et CAMTEL.
Pour le député, cette cacophonie institutionnelle révèle soit une incompétence dans la coordination, soit une défaillance dans la chaîne de responsabilité, soit encore un refus d’assumer. Mais au-delà du constat, il insiste sur une idée centrale : l’incident serait avant tout le symptôme d’une impréparation. « À ce niveau, l’impréparation est une faute », tranche-t-il, appelant à tirer des leçons concrètes de cet épisode.
Plutôt que de s’enliser dans une bataille de communiqués, Cabral Libii propose une série de réformes visant à renforcer la résilience du système de diffusion au Cameroun. Première piste : la mise en place d’un protocole national de diffusion, accompagné d’un standard spécifique pour les événements stratégiques. Ce dispositif inclurait notamment l’obligation de double, voire de triple routage des signaux, afin de prévenir toute interruption. À cela s’ajouterait une validation technique préalable par une cellule indépendante, ainsi que des simulations de crise avant chaque événement majeur.
Autre proposition majeure : l’intégration de solutions satellitaires modernes. Le député évoque explicitement Starlink, déjà proposée au ministère des Postes et Télécommunications. Selon lui, ces technologies offrent des avantages décisifs : indépendance vis-à-vis des réseaux terrestres, faible latence compatible avec les retransmissions en direct, et déploiement rapide en situation d’urgence.
Toutefois, Cabral Libii prend soin de nuancer. Le satellite n’est pas une solution miracle, mais une « couche de sécurité supplémentaire ». Il plaide ainsi pour une diversification des infrastructures, dans un pays où certaines installations, comme les points d’atterrissement des câbles sous-marins, restent insuffisamment exploitées.
Dans la même logique, l’élu propose la création d’un Centre national de supervision des diffusions. Cet organe technique aurait pour mission de coordonner les différents acteurs, Camtel, médias publics et opérateurs privés, de surveiller en temps réel les flux critiques et de déclencher automatiquement des solutions de secours en cas de défaillance.
Enfin, Cabral Libii appelle à une ouverture maîtrisée à la concurrence technologique. Il invite l’État à dépasser ce qu’il qualifie de « monopole psychologique », en permettant à plusieurs opérateurs, nationaux comme internationaux, de contribuer aux infrastructures critiques. Une évolution qu’il juge compatible avec la souveraineté nationale, à condition qu’elle soit encadrée.
J.E

