Questions orales: Le gouvernement peine à rassurer

Face aux parlementaires, les réponses apportées par certains ministres sur la santé, la sécurité routière et les violences faites aux femmes, le 19 juin dernier, ont laissé un goût d’inachevé, faute d’avoir convaincu les élus.

À chaque question, une réponse. À chaque préoccupation des députés, une batterie de mesures présentées comme la preuve de l’action gouvernementale. Pourtant, au terme de la séance des questions orales du 19 juin dernier à l’Assemblée nationale, à la faveur de la séance dédiée au contrôle de l’action du gouvernement par les parlementaires, un sentiment persiste : les explications des ministres peinent à convaincre au regard des réalités que vivent les Camerounais au quotidien.

Première à répondre, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, était attendue sur la recrudescence des féminicides, une question portée par l’honorable Toukam Tela Angèle Sandio. Le membre du gouvernement a mis en avant les campagnes de sensibilisation, les plateformes de lutte contre les violences basées sur le genre ainsi que les dispositifs d’accompagnement des victimes.

Des réponses qui ont laissé perplexe plus d’un député car ces mesures déjà connues contrastent avec la multiplication des cas de violences faites aux femmes observée ces derniers mois, alimentant les interrogations sur leur efficacité réelle.

Très sollicité au cours de cette séance, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a apporté des réponses sur plusieurs dossiers. Concernant les céréales infantiles jugées non conformes, à la suite de la question de l’honorable Ngo Issi Rolande, il a évoqué le renforcement des contrôles, le retrait des produits incriminés et la sensibilisation des consommateurs. Là encore, ces annonces interviennent dans un contexte où la circulation de produits de qualité douteuse continue d’alimenter les inquiétudes des familles.

Le ministre s’est également expliqué sur les cautions exigées dans certains centres d’hémodialyse. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de garantir un accès équitable aux soins et promis un renforcement des contrôles dans les formations sanitaires. Une réponse qui ne dissipe pas totalement les préoccupations des patients confrontés aux difficultés d’accès aux traitements spécialisés.

Sur les maladies non transmissibles, soulevées par l’honorable Njume Peter Ambang, Manaouda Malachie a insisté sur la poursuite de la Couverture santé universelle, avec un accent mis sur la prévention, le dépistage et la promotion de modes de vie sains. Des objectifs affichés depuis plus de trois ans, mais dont les effets restent encore peu perceptibles pour la majeure partie de la population.

Le ministre délégué auprès du ministre des Transports, Njoya Zakariaou, a, quant à lui, présenté le dispositif Ym@ne Driver comme un outil de renforcement de la sécurité routière grâce au suivi en temps réel des véhicules. Son extension progressive devrait, selon lui, contribuer à réduire les accidents. Une promesse qui intervient alors que les accidents de circulation continuent de faire de nombreuses victimes sur les axes routiers du pays.

Au-delà des réponses techniques et des engagements réaffirmés, cette séance des questions orales aura surtout mis en évidence le fossé qui subsiste entre les annonces du gouvernement et les attentes des populations. Si les ministres ont défendu les réformes engagées, leurs explications ont laissé en suspens la question essentielle : pourquoi les difficultés dénoncées par les députés continuent-elles de se manifester avec autant d’acuité sur le terrain ? Un décalage qui rend les réponses gouvernementales peu rassurantes aux yeux de nombreux observateurs.

 

 

 

 

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