Aristide Mono, docteur en science politique, chercheur…: « Soit les régimes changent, soit les peuples les changent »

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire La Troisième Voix, et pourquoi ce thème des régimes éternitaires et leur déconstruction ?

En tant que politologue, analyste politiques et acteur de la société civile, je ne peux que m’intéresser à la marche des Etats en commençant par ceux qui me sont proches et sont responsables de la misère indescriptible des populations. Si nous sommes d’accord que l’origine des malheurs qui frappent les pays à la tête desquels trônes des individus, des clans, des familles qui cherchent à mourir au pouvoir, alors comment, en tant qu’intellectuel engagé et activiste de la société civile, vous n’alliez pas vous évertuer à apporter une contribution scientifique, politique et stratégique à l’amélioration des systèmes de gouvernement qui passe par la lutte contre les régimes au pouvoirs ? La Troisième Voix a donc une portée heuristique et pratique pour des citoyens et des organisations de la société civile qui aimeraient accroitre leur compétence dans la défense du bien-être des masses fasses au pouvoir prédateurs et nocifs des régimes éternitaires.

Peut-on appliquer le modèle de La Troisième Voix dans tous les pays africains confrontés à des régimes éternitaires ?

L’option de ne pas nous cantonner sur un pays en particulier découle bien évidemment de notre souci de permettre une réappropriation de notre pensée par tous les pays africains qui croupissent sous la dictature appauvrissante des régimes qui s’éternisent au pouvoir. Ces différents pays connaissant quasiment les mêmes modèles de pratiques gouvernementales du néocolonialisme, l’universalité de la solution La Troisième dans ces zones s’impose tout naturellement.

Quels sont, selon vous, les acteurs clés qui peuvent faire vivre cette Troisième Voix et comment peuvent-ils s’organiser concrètement ?

Nous n’allons pas livrer tout le contenu clé du livre si non beaucoup n’iront plus l’acheter au motif qu’ils maitrisent déjà l’essentiel de son fond. Il faut juste noter qu’aucun paramètre de la pensée stratégique pour déconstruire les régimes éternitaires n’a été négligé. Néanmoins, on peut dire tout de go que parmi les acteurs clefs de la nouvelle société civile plus offensive et plus impactante que les partis politiques que prône La Troisième Voix on note, les syndicats, les diasporas, les intellectuels, les célébrités et les autorités religieuses et traditionnelles.

Quels obstacles voyez-vous à la mise en pratique de cette approche et comment les surmonter ?

Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut dire que le premier obstacle c’est le manque de résilience qui pourrait caractériser ceux qui voudront porter La Troisième dans leurs circonscriptions ou leur pays. Les régimes éternitaires sont féroces, il faut du courage pour éduquer politiquement les masses et les responsabiliser devant leurs destins politiques. Le deuxième pourrait être l’absence de valeurs morales requises pour conduire La Troisième Voix. La Troisième pourrait être la paresse dans la mobilisation des ressources.

Si vous deviez résumer le message central de votre livre pour les citoyens, que leur diriez-vous ?

Pour résumer le livre, je dirai que La troisième qui est un livre qui porte sur les processus de transformation des populations en peuples et des sociétés civiles en forces politiques plus offensive et agissantes que les partis politiques, est une contribution d’un chercheur en sciences politiques avec la contribution d’une grande figure politique Africain en la personne de Madame Simone Gbagbo et d’un professeur titulaire de science politique, monsieur Moluh Yacouba. Le livre part de logique selon laquelle, pour mettre un terme aux régimes éternitaires, il faut d’abord maitriser leur mode de fonctionnement et leurs forces. L’ouvrage détaille donc le fonctionnement des régimes éternitaires en présentant leurs piliers. Le livre estime également qu’avant de s’engager dans la déconstruction des régimes éternitaires, il est urgent d’avoir une idée réelle de ce qui est fait depuis des décennies par des partis d’opposition et les sociétés civiles. Cet inventaire est fait dans La Troisième Voix. Il s’agit non seulement d’une reconnaissance du travail fait, mais aussi une méthode pour tirer les leçons des échecs afin de mieux les corriger avec l’option de la nouvelle société civile qu’est La Troisième Voix. C’est à ce niveau que La Troisième Voix trouve tout son sens comme alternative. Nous définissons La Troisième Voix, ses piliers, ses stratégies, ses acteurs clefs et les résultats attendus. L’action de la troisième Voix vise exclusivement, non pas la lutte contre les partis au pouvoir, mais la défense des bonnes politiques publiques appliquées, leurs élaborations et leurs évaluations. Elle propose aussi une approche Bottom Up, c’est-à-dire l’activisme citoyen à partir des communes ou des arrondissements. Face à cette approche, les régimes éternitaires auront à choisir entre changer ou être changés.

Propos recueillis par H. T.

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