Paix sociale et stabilité : Grégoire Owona met en garde contre les discours de haine
À l’occasion de la 46ᵉ session du Comité de concertation et de suivi du dialogue social, tenue le 3 septembre dernier à Yaoundé, le Mintss a exhorté les partenaires sociaux à faire barrage aux discours divisionnistes et à s’engager pour la paix en cette année électorale.
« Le pays est à un carrefour décisif. Soit nous choisissons le dialogue, soit nous nous laissons entraîner dans la spirale dangereuse des discours de haine et de division. » C’est par ce sous-entendu que Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, a ouvert la 46ᵉ session du Comité de concertation et de suivi du dialogue social, tenue le 3 septembre dernier à Yaoundé.
Dans un contexte marqué par les enjeux cruciaux de la présidentielle du 12 octobre prochain et l’organisation imminente des élections des délégués du personnel, le membre du gouvernement a placé le curseur sur un thème central : la paix sociale comme fondement de la stabilité nationale. Face à des tensions politiques palpables et à la recrudescence de discours virulents sur les plateformes publiques, le ministre a invité les employeurs et les travailleurs à jouer leur rôle dans la consolidation de la cohésion nationale. « Toutes ces échéances électorales appellent un esprit patriotique. Nous devons rester vigilants face aux discours de haine et de division, et contribuer au maintien de la paix et de la stabilité du pays », a-t-il déclaré.
En reprenant à son compte l’appel du président Paul Biya lors de son adresse à la nation le 10 février dernier, Grégoire Owona a souligné que les partenaires sociaux employeurs comme travailleurs ne doivent pas se contenter de revendications corporatistes. Ils doivent aussi s’affirmer comme des acteurs majeurs du dialogue, de la tolérance et du consensus. « La paix est un préalable au développement. Elle permet au citoyen de vivre, de travailler, de s’exprimer et de prospérer sans crainte de violences ni de conflits », a-t-il insisté.
Dans cette optique, le ministre a exhorté à bannir toute forme de rhétorique basée sur la division, l’exclusion ou l’intimidation, qui pourrait compromettre le climat électoral et, au-delà, la stabilité du pays. Il a plaidé pour un engagement collectif en faveur d’un discours responsable, équilibré et orienté vers la recherche de solutions concertées. Le message clair, à l’heure où le pays joue gros sur le plan politique et social. La balle est désormais dans le camp de tous les acteurs pour préserver ce bien commun qu’est la paix.
Les représentants syndicaux présents à cette session ont, pour la plupart, salué cet appel à la modération. Toutefois, plusieurs voix se sont élevées pour rappeler que le dialogue social ne doit pas seulement être un slogan, mais une réalité tangible. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de réelles avancées sur les revendications sociales, telles que la revalorisation des salaires, la sécurité sociale, la protection des emplois et les conditions de travail dans les secteurs à forte précarité.
Julien Efila

