Sérail: L’ange de la mort passe

En l’espace de quelques jours, le pays a vu mourir des personnalités comme Philippe Mpay, Biyiti Bi Essam, Niat Jifenji, Cayave Yeguié Djibril, le 3è vice-président Nfor Tabe Tabndo, etc.

Ce qui se passe en ce moment au Cameroun relève d’une curiosité. En l’espace de quelques jours, le pays a vu mourir des personnalités comme Philippe Mpay, Biyiti Bi Essam, Niat Jifenji, Cayave Yeguié Djibril, le 3è vice-président Nfor Tabe Tabndo, etc. Retour sur cette triste page nécrologique. En effet, le général d’armée Philippe Mpay est décédé dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 mai 2026, selon des informations relayées ces dernières heures. Sa disparition plonge l’institution militaire camerounaise dans le deuil.

Figure connue de la hiérarchie militaire, Philippe Mpay a consacré plusieurs décennies au service des forces de défense camerounaises. Au cours de sa carrière, il a occupé d’importantes responsabilités dans l’appareil sécuritaire national. L’annonce de sa disparition suscite émotion et réactions au sein des milieux militaires et administratifs. Son décès intervient dans un contexte marqué par plusieurs disparitions récentes de hautes personnalités de l’État, rappelant le rôle majeur qu’ont joué ces serviteurs de la République dans la construction institutionnelle du Cameroun.

Mort de Biyiti Bi Essam

L’ancien ambassadeur du Cameroun en Israël et ex-membre du gouvernement, Jean Pierre Biyiti Bi Essam, s’est éteint dans la nuit du 22 au 23 avril 2026 en Israël à l’âge de 76 ans.  Journaliste de formation, stratège de la communication gouvernementale et architecte de la transition numérique du Cameroun. Il laisse derrière lui l’image d’un commis de l’État d’une fidélité aux institutions. Le landerneau politique et médiatique camerounais est en deuil.la nouvelle parvenue aux premières heures de la matinée du jeudi 23 avril 2026, a suscité une vive émotion dans les chancelleries et les rédactions de Yaoundé. Jean-Pierre Biyiti Bi Essam n’est plus. Celui qui occupait encore il y a quelques semaines, le poste d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun en Israël, a rendu son dernier souffle en terre hébraïque, là où il servait les intérêts de son pays depuis 2018.

Né en juillet 1949, dans le département de la Mvila région du Sud, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam était avant tout, un homme de lettres et du verbe. Issu de la deuxième promotion de la prestigieuse École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé (ESIJY, devenue ESSTIC), il a incarné cette génération de journalistes pétris de rigueur classique. Sa carrière débute sous les meilleurs auspices à Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics, où sa plume élégante et son analyse fine lui permettent de gravir rapidement les échelons. Son passage à la direction de l’Information de la CRTV en 1990, reste gravé dans les mémoires comme celui d’un technicien rigoureux, capable de gérer la communication de crise dans un contexte de transition démocratique bouillonnante. Cette maitrise de l’outil médiatique lui ouvrira naturellement les portes de la haute administration.

L’architecte de la Communication et du numérique     

Entré au gouvernement en 2007 comme ministre de la Communication, il s’est illustré par sa capacité à porter la voix de l’État avec une la pondération rare. Mais c’est sans doute au ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), entre 2009 et 2015, qu’il marquera le plus durablement l’économie nationale. C’est sous son magistère que le Cameroun a véritablement amorcé son virage numérique, puisqu’il a été la cheville ouvrière du déploiement de la fibre optique et de l’atterrissement des câbles sous-marins (WACS, ACE), des infrastructures critiques qui soutiennent aujourd’hui l’économie numérique du pays. Pour ses collaborateurs de l’époque, il était un travailleur silencieux, privilégiant les résultats techniques aux effets de manche politique.

En mai 2018, le président de la République Paul Biya lui confie une mission délicate, celle de représenter le Cameroun en Israël.  À Tel-Aviv, il a œuvré pendant huit ans à densifier la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture et de la santé. Bien qu’il ait été remplacé à ce poste par le décret présidentiel de février 2026, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam se trouvait toujours en Israël pour finaliser ses dossiers de départ lorsque le destin en a décidé autrement le 23 avril 2026.

Outre ses fonctions officielles, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam était un intellectuel respecté. Auteur de plusieurs ouvrages, dont l’essai remarqué « Le journalisme de l’interprétation », il n’avait jamais rompu le cordon ombilical avec sa profession d’origine. Il laisse le souvenir d’un homme de culture, d’un diplomate discret et d’un bâtisseur dont l’œuvre technologique continue de connecter les Camerounais entre eux. Le Cameroun pleure un fils qui aura, jusqu’à son dernier souffle, porté haut les couleurs du drapeau national loin de sa terre natale.

Sénat : le 3è vice-président Nfor Tabe Tabndo décède

Le 3è vice-président du Sénat camerounais, Nfor Tabe Tabndo, est décédé le 21 avril 2026, quelques jours seulement après la disparition de Marcel Niat Njifenji. L’annonce de sa mort replonge la Haute chambre du Parlement dans un climat de deuil. Homme d’expérience, Nfor Tabe Tabndo totalisait près de 40 années de service au sein de l’administration et de la vie publique. Au Sénat, il occupait les fonctions de 3è vice-président, où il s’illustrait par une présence discrète mais constante dans le fonctionnement de l’institution.

Sa disparition intervient dans un contexte déjà marqué par la perte récente de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat, renforçant l’émotion au sein de la classe politique et des institutions. En l’espace de quelques jours, le Sénat camerounais enregistre ainsi la disparition de deux de ses figures.

Au-delà de l’émotion, cette double perte pose des enjeux de continuité pour la Haute chambre, appelée à poursuivre ses missions dans le respect des textes en vigueur. Elle intervient également dans un moment où la stabilité institutionnelle demeure un élément clé de la vie publique au Cameroun.

 

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