Régionales 2025: Le CNC exhorte la presse à une responsabilité exemplaire

À la veille du lancement de la campagne des régionales du 30 novembre prochain, le Conseil national de la Communication, appelle les professionnels des médias à redoubler de rigueur, d’équilibre et de transparence.

On ne joue pas avec le feu en période électorale. C’est, en substance, le message ferme mais pédagogique que le CNC a adressé aux hommes et femmes des médias, ce 14 novembre à Yaoundé, lors d’un point de presse organisé à la veille de l’ouverture de la campagne des élections régionales du 30 novembre prochain.

D’entrée de jeu, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, a salué « le professionnalisme de la majorité des médias camerounais » lors de l’élection présidentielle du 12 octobre, estimant qu’ils ont globalement fait preuve d’une conduite exemplaire. Mais l’heure n’était ni à l’autosatisfaction ni à la détente. Car une nouvelle échéance électorale débute dès ce 15 novembre. Face aux enjeux et aux tensions parfois sourdes qui accompagnent tout scrutin, l’instance de régulation rappelle que la responsabilité des journalistes n’a jamais été aussi déterminante.

Au-delà de leur fonction informative, les médias demeurent des acteurs stratégiques dans l’éducation civique et la mobilisation citoyenne. Leur manière de couvrir la campagne peut contribuer à apaiser les esprits comme à envenimer le débat public. C’est pourquoi le CNC insiste sur la nécessité d’un professionnalisme constant, reposant sur l’impartialité, l’objectivité et la transparence. Le respect de ces standards ne relève pas seulement d’un devoir moral : il constitue une obligation réglementaire pour garantir la crédibilité du processus démocratique.

Le CNC a rappelé avec précision les deux textes qui encadrent l’accès aux médias durant les périodes électorales : le décret n°92/030 du 13 février 1992, qui fixe les modalités d’accès des partis politiques aux médias audiovisuels publics, et le décret n°2012/038 du 23 janvier 2012, portant réorganisation du CNC. Ces deux instruments définissent un cadre strict, notamment la suspension des émissions politiques ordinaires et la limitation des contenus autorisés aux programmes d’information électorale et aux émissions de propagande réglementée.

En outre, le Conseil a insisté sur une nuance essentielle : si les journalistes peuvent relayer ce qu’ils voient et entendent dans un bureau de vote, ils n’ont aucunement le mandat de publier des tendances issues des opérations de dépouillement. Une frontière claire, mais souvent délicate, qui nécessite une vigilance accrue.

Pour guider les rédactions, le CNC a mis en avant quatre principes fondamentaux qui doivent structurer la couverture médiatique de la campagne. Le principe d’égalité impose que chaque candidat ou représentant bénéficie du même accès aux programmes de campagne, garantissant ainsi un terrain équitable. À cela s’ajoute le principe d’équité, qui vise non pas une égalité mécanique mais un traitement juste et représentatif des activités de chacun dans les programmes d’information électorale. Le Conseil insiste également sur la transparence, qui exige de distinguer sans équivoque les contenus journalistiques des messages de propagande ou de publicité politique, évitant ainsi toute confusion auprès du public. Enfin, le pluralisme et l’équilibre doivent guider les rédactions dans la prise en compte de la diversité des courants d’opinion, mais aussi dans la manière harmonieuse de traiter ces points de vue, afin d’éviter toute marginalisation injustifiée.

 

Julien Efila

 

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