Présidentielle 2025: Le G20 fustige l’autoproclamation de Tchiroma
Réunis à Yaoundé le 17 octobre dernier à l’occasion d’un point de presse, les leaders de ce regroupement de 20 partis politiques de l’opposition sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de tentative de déstabilisation des institutions républicaines.
C’est un tir groupé, ciblé et sans détour. Dans une déclaration solennelle lue devant la presse nationale et internationale, le 17 octobre dernier, le G20 n’a pas mâché ses mots pour fustiger avec la plus grande fermeté l’autoproclamation de la victoire à la présidentielle du 12 octobre 2025 par Issa Tchiroma Bakary.
Selon cette coalition de 20 partis politiques de l’opposition ayant officiellement soutenu la candidature du président sortant, Paul Biya, cette démarche viole non seulement les règles élémentaires du jeu électoral, car à la date où elle a été faite par le candidat du FSNC, les commissions chargées de la compilation, du recensement des votes n’avaient pas encore achevé leur mission de dépouillement et de vérification des 31 653 procès-verbaux, provenant des 360 arrondissements que compte le pays », rappelle le communiqué.
Au-delà de cette dénonciation factuelle, la coalition politique voit dans la sortie de Tchiroma une tentative d’agitation sociale. « Nous condamnons avec la plus grande énergie la démarche de Tchiroma, qui, par ses propos et ses actes, encourage une insurrection et des troubles à l’ordre public. » D’un ton grave, le groupe ira jusqu’à affirmer qu’il existe une collusion manifeste entre certains membres de la mouvance de Tchiroma et des forces conspirationnistes, avec pour but de fragiliser les institutions et de plonger le pays dans un chaos postélectoral.
Pour autant, la coalition réaffirme son attachement au respect de la constitution, au cadre légal électoral, et à l’apaisement. La plateforme, qui assure rester vigilante face aux évolutions de la situation, rappelle par conséquent que le seul organe légalement habilité à proclamer les résultats est le Conseil constitutionnel. Toute proclamation ou revendication publique de victoire est non seulement prématurée, mais aussi illégale.
Le G20 se veut également pédagogue. Le groupe s’adresse directement aux familles, et notamment aux parents, les exhortant à protéger les enfants contre toute forme d’instrumentalisation politique. Le communiqué met en garde contre « les politiciens véreux, égoïstes et irresponsables qui exploiteraient la naïveté des enfants à des fins inavouables, en violation flagrante des lois de la République ».
Cette mise au point du G20 intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’attente fébrile des résultats officiels. La population, les observateurs nationaux et internationaux ainsi que les différents états-majors politiques sont suspendus à la décision du Conseil constitutionnel, prévue au plus tard pour le 27 octobre 2025.
Rappelons que le 13 octobre dernier, dans une vidéo diffusée depuis son domicile, l’ancien ministre de Paul Biya n’a pas hésité à revendiquer sa « victoire ». « Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », avait-t-il lancé d’un ton solennel, avant d’ajouter : « Le peuple a choisi, et ce choix doit être respecté. Acceptez la vérité des urnes.
Julien Efila

