Parlement:  Vers la reconduction de Niat et Cavaye

La première session parlementaire de l’année s’ouvre ce 10 mars à l’Assemblée nationale et au Sénat avec en toile de fond le renouvellement des bureaux des deux chambres où les présidents sortants, sauf cataclysme, seront reconduits.

Les députés et les sénateurs reprennent le chemin des hémicycles ce 10 mars à Yaoundé. Les travaux s’ouvrent respectivement ce jour à l’Assemblée nationale et au Sénat. Comme le veut la tradition institutionnelle, l’un des temps forts de cette première session sera le renouvellement des bureaux de la chambre haute et de la chambre basse du parlement.

À l’Assemblée nationale, le contrôle de la présidence semble déjà largement prévisible. En effet, à moins d’un bouleversement politique inattendu, le chef de l’État, Paul Biya, par ailleurs président du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (Rdpc), devrait une fois de plus, affirment certains observateurs, renouveler sa confiance à Djubril Cavaye Yeguié. Élu au perchoir depuis 1992, le député du Mayo-Sava, dans la région de l’Extrême-Nord, apparaît alors logiquement une nouvelle fois comme le candidat naturel à sa propre succession.

La situation semble également favorable au maintien de Marcel Niat Njifenji à la tête du Sénat. Président de la chambre haute depuis sa création en 2013, le nonagénaire, lu aussi, sauf tsunami, sera reconduit.

Pourtant, son âge avancé, son état de santé et ses apparitions de plus en plus rares lors de certaines cérémonies officielles alimentent les spéculations quant à la nécessité de le remplacer par un sénateur plus jeune. Le chef de l’État n’a-t-il pas annoncé que son nouveau septennat est celui des jeunes et des femmes ? S’interroge un observateur.

Une situation qui rappelle, dans une certaine mesure, celle observée à l’Assemblée nationale. Pour la première fois cette année, Cavaye Yeguié Djibril n’a pas non plus pris part à la cérémonie de présentation des vœux au président de la République. Mais ces éléments ne remettent pas toutefois en cause, pour l’heure, la perspective d’une reconduction des deux hommes.

Dans un système politique largement dominé par la majorité obèse du Rdpc, la fidélité que Paul Biya, le président du parti au flambeau ardent, voue à ses fidèles lieutenants et les équilibres régionaux laissent tout cela peu de place à des bouleversements majeurs lors des renouvellements de bureaux du parlement tant attendus par certains.

Au-delà de cette dimension institutionnelle, la session parlementaire de mars intervient dans un contexte politique particulier. Elle s’inscrit dans la séquence de réajustement du calendrier électoral annoncée le 10 février dernier par le président de la République, Paul Biya.

Cette annonce confirme qu’un texte de prorogation du mandat des députés sera inscrit à l’ordre du jour du Parlement afin de permettre l’adaptation du calendrier des élections législatives.

Pour rappel, le mandat des députés, initialement attendu à échéance en février 2025, avait déjà été prorogé par la loi promulguée le 24 juillet 2024, qui a repoussé son expiration au 30 mars 2026. Et la nouvelle prorogation vise à harmoniser le calendrier électoral, notamment avec les élections municipales, dont le mandat des conseillers municipaux court désormais jusqu’au 31 mai 2026.

Julien Efila

 

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