Mvolyé: L’église catholique tracent la voie d’un laïcat plus engagé
Clôturés le 7 décembre, les États généraux de l’apostolat des laïcs ont ouvert la voie à une profonde prise de conscience et à un renouveau missionnaire au sein de l’Église du Cameroun.
N’ayez pas peur, avancez au large, rayonnez la joie de l’Évangile ». C’est sous ce thème porteur d’espérance et d’audace que se sont tenus, du 5 au 7 décembre à Mvolyé, les États généraux de l’apostolat des laïcs (EGAL 2025), organisés par la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) à travers sa Commission pour l’apostolat des laïcs.
Trois mois après leur lancement officiel en septembre dernier, ces assises ont trouvé leur parachèvement dans une messe solennelle ce 7 décembre, à la basilique mineure de Mvolyé, présidée par Mgr Sosthène Léopold Bayemi, évêque d’Obala et président de ladite commission.
Ce rendez-vous majeur, dans l’histoire récente du laïcat camerounais, avait pour ambition de susciter un réveil, voire « un électrochoc », selon les mots de Mgr Bayemi. Alors que l’Église fait face à de nouveaux défis sociaux, spirituels et culturels, les laïcs, par leur nombre et leurs compétences diverses, représentent une force incontournable, un levier essentiel pour la mission d’évangélisation. Encore faut-il qu’ils en aient pleinement conscience et s’approprient la responsabilité qui est la leur.
Pour l’évêque du diocèse d’Obala, la première exigence est claire : « prendre conscience de notre devoir de sanctification dans l’expérience des rencontres personnelles avec le Christ ». Dans un contexte où la foi est parfois vécue de manière routinière, le prélat invite les fidèles laïcs à revenir à la source vive de leur vocation, la rencontre intime avec Jésus. Cette expérience spirituelle, souligne-t-il, fonde et nourrit tout engagement dans l’Église.
Mais la prise de conscience doit aussi porter sur l’identité même du laïc au sein de la communauté ecclésiale : « être co-responsable de notre Église ». Il ne s’agit plus de se percevoir comme de simples exécutants ou sympathisants, mais comme de véritables acteurs, porteurs d’une double identité : « communion et mission, témoin et missionnaire ». Pour lui, le temps est venu de raviver le rôle du laïcat, de « mettre le feu dans le laïcat ».
Durant ces trois jours d’échanges, de prière, de réflexion et de discernement, participants laïcs et hommes de Dieu ont réfléchi aux voies concrètes d’un renouveau effectif. Formation, organisation, engagement citoyen et ecclésial, cohésion des mouvements apostoliques, rayonnement de la foi dans les milieux de vie : les chantiers sont nombreux et la dynamique enclenchée par ces États généraux se veut durable.
L’objectif, selon les organisateurs, n’est pas uniquement de dresser un état des lieux ou de multiplier les recommandations, mais d’initier un véritable « new deal » du laïcat camerounais. Un nouveau départ, qui appelle chaque laïc à être à la fois enraciné dans la foi et audacieux dans la mission, fidèle à la triple vertu théologale : foi, espérance et charité.
Devant une assemblée dense et fervente, Mgr Bayemi a rappelé que l’Église ne saurait avancer sans la contribution active de ses membres laïcs. « Avancez au large », a-t-il répété, invitant chacun à sortir de la peur, de la tiédeur ou de l’individualisme, pour devenir une véritable sentinelle de l’Église dans un monde en quête de lumière.
Julien Efila

