Mémoire et revendication: Anicet Ekane au cœur du «Friday in Black»
La mobilisation citoyenne au siège du Manidem à Douala le 05 décembre dernier, a transformé le deuil de cet opposant politique en un appel à la libération des prisonniers de la crise post-électorale.
Ce vendredi 5 décembre 2025, les rues de Douala ont résonné des pas de centaines de participants vêtus de noir, rassemblés devant le siège du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) pour honorer la mémoire d’Anicet Ekane, décédé le 1er décembre dernier en détention. À 15 heures précises, bougies allumées et poèmes scandés, la mobilisation a mêlé recueillement et revendication : « Nous sommes là pour dire que personne ne doit rester en prison », lance Philippe Nanga, d’Un Monde Avenir, sous les regards attentifs de la foule.
Au programme, chants, lectures et prises de parole ont rappelé le rôle de l’opposant politique Anicet Ekane dans le « militantisme de gauche » et la défense des principes démocratiques. Les organisateurs ont encouragé chaque citoyen à exprimer sa revendication pour les détenus encore emprisonnés, estimés à plus de 1900 personnes selon le mouvement. « Il ne faut pas qu’une seule autre personne tombe malade ou meure entre les mains du régime », ajoute Edith Kah Walla, présidente du Cameroon People’s Party et initiatrice du mouvement Stand Up For Cameroon.
La mobilisation s’est également étendue aux autres villes et aux réseaux sociaux, où les participants ont publié photos et messages avec les hashtags #JusticePourEkane et #FreeCameroon, clamant « Libérez tous les détenus ». Edith Kah Walla, à la tête de l’initiative «Friday in Black», rappelle que cette action vise à maintenir la pression citoyenne sur le gouvernement et à rappeler les exigences de justice et de respect des droits humains.
Au siège du Manidem, dirigé par le feu Anicet Ekane, la plateforme des organisations de la société civile du Littoral (Plafoscil) et plusieurs ONG ont rejoint le rassemblement, témoignant que le deuil d’un leader peut se transformer en action collective et symbolique. «Entre émotion et détermination, la journée a montré que la mémoire d’Ekane sert désormais de catalyseur à un mouvement citoyen prêt à faire entendre sa voix, jusqu’à la libération de tous les détenus post-électoraux», a assuré un membre de la société civile.
H.T

