Hommage à Ahidjo: Aminatou Ahidjo recadre Issa Tchiroma

La fille du premier président du Cameroun a publié un communiqué, le 31 juillet dernier, pour dénoncer « l’escroquerie politique et morale » de l’ex-ministre de l’Emploi qui affirme avoir été débarqué d’un vol en partance pour le Sénégal afin de se recueillir sur la tombe de feu Ahidjo.

C’est un recadrage cinglant qu’Aminatou Ahidjo, fille du feu premier président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, a servi, le 31 juillet dernier, à Issa Tchiroma, ministre de l’Emploi démissionnaire, le 24 juin dernier, et candidat à la présidentielle de 2025. Et pour cause, l’ancien du gouvernement a déclaré, le 31 juillet, avoir été débarqué d’un vol à Yaoundé, qu’il se rendait au Sénégal où il comptait se recueillir sur la tombe d’Ahmadou Ahidjo mort et inhumé dans ce pays étranger le 30 novembre 1989, il y a 36 ans.

« Je voudrais en tant que fille du feu Président Ahmadou Ahidjo, dénoncer vivement l’escroquerie politique et morale d’un homme qui n’a jamais daigné présenter ses condoléances à la famille Ahidjo, éprouvée par des nombreux décès. Je dénonce également avec force les mensonges d’un homme politique qui veut ignorer sciemment les règles établies au Cameroun s’agissant des mouvements des nouveaux anciens ministres, qui doivent requérir l’autorisation de Monsieur le Président de la République avant toute sortie à l’étranger », a réagi Aminatou Ahidjo. Selon celle qui est par ailleurs, présidente du conseil d’administration (PCA) du Palais de Congrès, c’est carrément se moquer de son père dont le rapatriement de la dépouille n’a jamais préoccupé Issa Tchiroma du temps où il a servi dans le gouvernement en place durant plus de 20 ans.

Pour sa part, Issa Tchiroma affirme mordicus qu’il a voulu pose un acte de bonne foi et que c’est parce qu’il s’oppose désormais au pouvoir en place qu’on veut le lui faire payer. Il a déclaré à ce propos : « j’ai été arbitrairement empêché d’embarquer à l’aéroport de Yaoundé, par décision d’un commissaire, affirmant agir sur instruction de la présidence de la République. Je vais dire ceci avec gravité. Lorsqu’un candidat à l’élection présidentielle est empêché de voyager c’est tout un peuple qu’on empêche de respirer. C’est la preuve éclatante que le système en place redoute la vérité et craint la transition que nous portons. Veulent-ils me faire taire ? Veulent-ils m’humilier ? Veulent-ils faire croire que la peur va nous diviser ? Je vous le dis : les vrais candidats ; ceux qui incarnent le changement sont toujours persécutés. C’est le signe qu’ils inquiètent. C’est la preuve que notre combat touche là où ça fait mal »

Et Issa Tchiroma d’ajouter : « Je reste déterminer, plus que jamais ; je me battrais pour que le Cameroun retrouve sa dignité. La transition que nous proposons ne se fera contre quelqu’un mais pour vous, pour tous, pour nos enfants. C’est le moment de nous unir : opposition, société civile, diaspora, patriote lucides unissons-nous pour dire stop à la confiscation du pouvoir. Je vous appelle à rester mobiliser ».

Au-delà de l’interdiction de sortie du territoire qui a été signifiée à l’ex-ministre, les spécialistes y voient juste de la provocation. Pour eux, Issa Tchiroma sait très bien qu’en tant qu’ancien membre du gouvernement, il lui est interdit de sortir du territoire camerounais pendant au moins six mois. Sauf autorisation expresse de la présidence de la République. « Issa Tchiroma essaie de se victimiser. Mais personne n’est dupe. Il sait que même du temps où il était ministre, il devait requérir une autorisation de sa hiérarchie pour sortir ne serait-ce que de Yaoundé, la capitale et siège des institutions. Après sa sortie du gouvernement, il doit observer minimum six mois avant de sortir du pays », explique une source fiable.

Oumarou Mey

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