Droit de grève: Les acteurs du dialogue social rouvrent le débat

Réunis le 30 juin dernier à Yaoundé dans le cadre des 48ᵉ et 49ᵉ sessions du CCSDS, le gouvernement et les partenaires sociaux ont consacré une partie de leurs échanges à l’encadrement de l’exercice de la grève, sur fond de tensions sociales grandissantes dans plusieurs secteurs d’activité.

Alors que les menaces de grève se multiplient dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les transports urbains, l’éducation, la santé et bien d’autres, le gouvernement entend privilégier le dialogue pour prévenir une dégradation du climat social. C’est dans cette dynamique que se sont tenues, le 30 juin 2026, les 48ᵉ et 49ᵉ sessions du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social (CCSDS), présidées par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona.

Si plusieurs sujets figuraient alors à l’ordre du jour, c’est cette réflexion qui a particulièrement retenu l’attention. Présentée par la représentante de la Confédération Camerounaise du Travail (CCT) sous le thème « Principes et droits fondamentaux : revisiter le droit de grève », la communication a suscité des échanges approfondis entre les représentants du gouvernement, des employeurs et des organisations syndicales.

Les discussions ont permis d’aborder les conditions d’exercice de cette liberté syndicale, les responsabilités des différentes parties prenantes ainsi que la nécessité de concilier les droits des travailleurs avec la continuité des services essentiels et les impératifs de stabilité économique.

Le choix de cette thématique intervient dans un contexte social particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, des organisations professionnelles et syndicales multiplient les revendications portant sur les conditions de travail, les rémunérations, la protection sociale ou encore l’amélioration des conditions d’exercice de certaines professions. Dans les transports urbains notamment, des préavis de grève et des appels à la cessation d’activité traduisent un malaise persistant qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la mobilité des populations et l’économie nationale.

Face à ces tensions, les pouvoirs publics affichent leur volonté de privilégier le dialogue social comme principal mécanisme de prévention des conflits. Dans son allocution d’ouverture, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a rappelé que la concertation demeure un instrument essentiel pour préserver un climat social apaisé, favorable au développement économique et à la promotion du travail décent.

Au-delà des débats sur le droit de grève, les membres du Comité ont procédé à l’examen et à la validation du compte rendu de la 47ᵉ session avant de faire le point sur le niveau d’exécution des résolutions précédemment adoptées. Les participants ont également pris connaissance des principales conclusions de la 114ᵉ Conférence internationale du Travail, dont plusieurs recommandations portent sur l’évolution des normes internationales relatives aux droits fondamentaux des travailleurs et au dialogue social.

Première de l’année en cours, cette concertation s’est tenue au lendemain des élections des délégués du personnels du 13 janvier dernier. Elle intervient également dans un contexte marqué par l’émergence de nombreux défis liés à l’environnement du travail, notamment les cas de stress, de harcèlement et de la recrudescence des actes de violence en milieu de travail.

Pour rappel, le comité a entre autres pour mission de recueillir, discuter, examiner et apprécier les revendications des organisations professionnelles aux fins d’y trouver des solutions négociés et durables.

Julien Efila

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