Extrême-Nord: Le gouvernement muscle la riposte contre le choléra
Face à la persistance de foyers épidémiques, les autorités misent sur une riposte coordonnée, une surveillance renforcée et une mobilisation communautaire pour freiner la propagation de la maladie.
Renforcer la surveillance épidémiologique, garantir la disponibilité des intrants médicaux, améliorer la prise en charge des malades, intensifier les campagnes de sensibilisation et mobiliser les communautés autour des règles d’hygiène. Telles sont les principales orientations arrêtées par le gouvernement pour accélérer la riposte contre le choléra dans la région de l’Extrême-Nord, où plusieurs districts de santé demeurent confrontés à une circulation active de la maladie.
Ces mesures ont été annoncées à l’issue d’une importante séance de travail présidée le 3 juillet dernier par le ministre de la Santé publique, en présence du gouverneur de la région, des responsables administratifs, des équipes sanitaires ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans la lutte contre cette épidémie.
Organisée dans la salle de conférences de la Délégation régionale de la Santé publique, cette rencontre a permis aux différents acteurs d’évaluer l’évolution de la situation épidémiologique, de faire le point sur les actions déjà entreprises sur le terrain et de définir les ajustements nécessaires pour renforcer l’efficacité de la réponse gouvernementale.
Pour le ministre de la Santé publique, la maîtrise de l’épidémie passe avant tout par une meilleure coordination des interventions. Il a ainsi appelé à une intensification de la surveillance dans les districts affectés afin de détecter rapidement les nouveaux cas, de les prendre en charge sans délai et de limiter les risques de propagation vers d’autres localités. Les structures sanitaires ont également été invitées à maintenir un niveau élevé de vigilance, tandis que les équipes d’intervention rapide devront poursuivre leurs descentes dans les zones les plus exposées.
L’autre priorité porte sur la prévention. À cet effet, le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les populations dans la lutte contre le choléra. Il a rappelé que les comportements individuels et collectifs demeurent déterminants pour casser la chaîne de transmission. Le lavage régulier des mains au savon, la consommation d’eau potable, le respect des règles d’hygiène alimentaire, l’assainissement de l’environnement et l’utilisation des latrines constituent, selon lui, les premiers remparts contre cette maladie hydrique.
La lutte contre l’épidémie mobilise également l’administration territoriale. Prenant part aux travaux, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord a réaffirmé l’engagement des autorités locales à accompagner la stratégie gouvernementale. Il a annoncé une mobilisation accrue des préfets, sous-préfets, maires, chefs traditionnels et leaders communautaires pour veiller au respect des mesures de salubrité publique et sensibiliser les populations sur les comportements à adopter.
Au-delà des interventions sanitaires, les autorités entendent renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la riposte. Les partenaires techniques et financiers continueront d’apporter leur appui en matière de surveillance, de logistique, d’approvisionnement en intrants médicaux et de communication sur les risques, afin d’assurer une réponse rapide et harmonisée sur l’ensemble du territoire concerné.
À date, les services de santé font état de 166 cas notifiés, dont 109 cas actifs, et de 10 décès enregistrés dans la région de l’Extrême-Nord.
J.E

