Drogues: Une saisie record de 2,5 tonnes à Douala

La spectaculaire prise de cocaïne et de tramadol réalisée le 20 février dernier dans la capitale économique révèle l’enracinement d’un trafic aux multiples conséquences.

Les chiffres ont fait froid dans le dos. Le 20 février dernier, les services des Douanes ont intercepté, à l’aéroport international de Douala, six cargaisons de stupéfiants totalisant 2 491 kilogrammes. D’une valeur marchande estimée à près de 50 milliards de francs CFA, la cargaison était composée de 1 057 kilogrammes de cocaïne et de 1 434 kilogrammes de tramadol. Menée sur la base de renseignements ciblés, cette opération est considérée comme l’une des plus importantes saisies de drogues jamais enregistrées au Cameroun.

Cette réalité nourrit les inquiétudes des autorités et des acteurs engagés dans la lutte contre les stupéfiants. Au-delà des pertes économiques qu’il engendre, le trafic favorise le développement de réseaux criminels transnationaux, la corruption, le blanchiment des capitaux et l’insécurité. Il constitue également une menace croissante pour la santé publique en raison de l’augmentation de la consommation de substances psychoactives, notamment chez les jeunes.

La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) estime d’ailleurs que ces évolutions appellent une réponse dépassant le seul registre répressif. Dans sa déclaration publiée à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, le 26 juin, elle rappelle que les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances psychoactives demeurent souvent victimes de stigmatisation, de discrimination et d’exclusion sociale. Une situation qui limite leur accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi et aux dispositifs de réinsertion.

Au-delà de son caractère spectaculaire, cette prise met en lumière la place grandissante qu’occupe le Cameroun dans les circuits du trafic international de stupéfiants. Carrefour entre l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et le golfe de Guinée, le pays apparaît de plus en plus comme un territoire de transit convoité par les réseaux criminels organisés. Les infrastructures portuaires, aéroportuaires et les échanges commerciaux constituent autant de points d’entrée que les trafiquants cherchent à exploiter pour acheminer leurs cargaisons.

Elle témoigne également de l’évolution des méthodes employées par ces organisations criminelles. Les importantes quantités de cocaïne découvertes confirment l’intérêt croissant des cartels internationaux pour les routes africaines, tandis que le volume exceptionnel de tramadol saisi rappelle l’ampleur du trafic de médicaments détournés de leur usage thérapeutique. Très prisé pour ses effets psychoactifs lorsqu’il est consommé en dehors d’un cadre médical, ce puissant antalgique alimente désormais un marché illicite en pleine expansion.

Pour s’en féliciter, les autorités estiment toutefois que cette saisie record, illustre l’efficacité croissante des dispositifs de renseignement et de contrôle mis en œuvre par la Douane camerounaise en partenariat avec les forces de l’ordre et de sécurité.

 

J.E

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