Dérives médiatiques: Le Popoli écope de six mois de suspension

A l’occasion de sa 47e session ordinaire tenue le 23 juillet dernier, l’organe de presse satirique a été sévèrement sanctionné par le Conseil national de la communication pour manquement professionnel.

Réuni en sa 47e session ordinaire, le Conseil national de la communication (CNC) a prononcé une série de décisions disciplinaires à l’encontre de plusieurs organes de presse et journalistes. La plus lourde d’entre elles concerne Le Popoli, suspendu pour six mois, tout comme son directeur de publication, Paul Louis Nyemb Ntoogue.

Connu pour ses caricatures acerbes, le journal satirique aurait cette fois franchi la ligne rouge aux yeux du CNC. Dans son numéro 201714, une Une illustrée, accompagnée d’un article non signé, montrait le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, remettant une enveloppe au pape Léon XIV.

Le conseil après avoir établi la responsabilité de l’organe en cause pour manquement professionnel et viol de l’opinion dans le traitement de l’information portée à la connaissance du public a donc décidé de suspendre Le Popoli et son directeur de publication pour une durée de six mois, les privant ainsi d’exercice professionnel sur tout le territoire camerounais durant cette période.

Une pluie de sanctions et d’avertissements

Mais cette décision n’ést que la première d’une longue série d’affaires examinées a l’occasion de cette session. Parmi les six cas de régulation abordés, l’affaire opposant LIKABI Nathaniel, membre du Comité central de l’UNDP, au journal Le Renard de l’Info a également retenu l’attention. Le Conseil a adressé un avertissement à Cyrille Kuete, directeur de publication de cet organe de presse, pour avoir relayé sans précaution des propos offensants tirés d’une correspondance administrative, portant atteinte à l’image du plaignant.

Dans un autre dossier, Eluid Wepnwi, régisseur de la prison secondaire de Djoum, a obtenu gain de cause contre l’organe de presse écrite L’Activateur, accusé d’avoir publié des accusations sans fondement à son encontre. Le CNC a pointé une « enquête insuffisante » et un manque d’équilibre dans le traitement de l’information. Résultat : avertissement adressé à Engelbert Mfomo, directeur de publication.

Le cas du journal L’Opinion Publique a quant à lui conduit à une double suspension. Le Conseil a reproché au média et à ses collaborateurs, dont la journaliste Anne Azewa, d’avoir publié des allégations de corruption visant Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique. Pire encore, le directeur de publication a ignoré une convocation du CNC. Conséquence : suspension de deux mois pour Polla Patrice et Anne Azewa, le directeur de publication ainsi que la journaliste.

En revanche, l’affaire impliquant le Pr Jean Bahebeck contre My Media Prime s’est soldée par un non-lieu. Le Conseil a estimé que le journaliste mis en cause, Lasha Kingsley, n’avait pas enfreint les règles déontologiques lors de son émission, bien qu’il ait posé une question en dehors du protocole initialement communiqué.

Enfin, e-Investigation, un média en ligne, a écopé d’une suspension d’un mois, tout comme son directeur de publication Nyassa Soleil. L’organe avait publié un article accusant sans preuve un cadre de la FECAFOOT de décaissements suspects. Le CNC a par ailleurs indiqué avoir saisi l’ANTIC pour application de la sanction sur le plan numérique.

Julien Efila

 

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