Cohésion nationale: Le MINJEC mobilise les sentinelles de la paix à Yaoundé
Réunis le 07 mai 2026 au Palais des Congrès, leaders religieux Chefs traditionnels et médiateurs communautaires ont mené une réflexion sur l’encadrement des populations en période électorales en vue de renforcer la paix sociale, prévenir les violences et promouvoir une citoyenneté responsable à l’approche des élections de 2026.
À mesure que l’horizon électoral de 2026 se dessine, le spectre des tensions passées et des dérives numériques semble hanter les esprits. Pour le gouvernement camerounais, l’heure n’est plus à l’observation, mais à l’anticipation et c’est pourquoi, le 07 mai 2026 au Palais de Congrès de Yaoundé, l’ambiance n’était pas celle des joutes politiques habituelles, mais plutôt celle d’une réflexion stratégique quasi chirurgicale. Autour de la table, un trident d’influence constitué du sceptre des chefs traditionnels, la croix et le croissant des religieux et l’écharpe des médiateurs. L’ouverture des travaux a été marquée par l’intervention technique et passionnée de Nathanaël Daïssinkaye, Coordonnateur n°2 du Programme National d’Éducation Civique par le Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial (PRONEC-REAMORCE). Ce dernier a rappelé l’urgence d’intensifier l’éducation civique pour prévenir les actes de vandalisme, les discours de haine et les conflits susceptibles de fragiliser la stabilité du Cameroun. Selon lui, « cette initiative s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de consolider la cohésion sociale à travers une mobilisation inclusive des acteurs communautaires », a-t-il martelé.
Le moment fort de la rencontre a sans doute été la convergence de vues entre le pouvoir spirituel et le pouvoir traditionnel. Le Révérend Pasteur Hamadou Saidou, parlant au nom du Conseil des Églises protestantes du Cameroun, a appelé les communautés religieuses à faire des élections un moment de dialogue, de tolérance et de responsabilité citoyenne. Il a par la suite insisté sur la nécessité pour les leaders religieux de sensibiliser les fidèles au rejet de la violence et à la promotion du vivre-ensemble. Lui emboîtant le pas, Sa Majesté le Pr Guy Tsala Ndzomo, par ailleurs Président du Conseil National des Chefs Traditionnels du Cameroun, a fait vibrer la corde de l’unité nationale en rappelant que « les chefs traditionnels demeurent des gardiens des valeurs sociales, des médiateurs communautaires et des acteurs clés de la cohésion nationale », a-t-il affirmé. L’universitaire invite ses pairs à sensibiliser les populations au civisme, au respect des institutions républicaines et à la prévention des conflits communautaires.
Au nom du ministre, Mounouna Foutsou, le Secrétaire Général du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, Zachée Robert Théophile Benga, a délivré le message de clôture, fixant le cap opérationnel à travers lequel il a exhorté les leaders communautaires à intensifier la sensibilisation des populations, notamment des jeunes, afin de promouvoir le respect des institutions, le rejet de la violence et une participation citoyenne responsable. À travers cette initiative le MINJEC entend faire des leaders religieux, des chefs traditionnels et des médiateurs communautaires de véritables sentinelles de paix capables de prévenir les tensions électorales et de contribuer à l’émergence d’un Cameroun uni, stable et prospère. Mais derrière cette rhétorique, c’est une stratégie de terrain qui se dessine puisqu’il s’agit pour les différents acteurs de descendre dans les quartiers, les villages et aussi de scruter les réseaux sociaux pour parler à la jeunesse.
Arnaud Joseph Etoundi

