Afrique centrale: La Zlecaf en ligne de mire
Dans un rapport d’analyse publiée par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le commerce transfrontalier dans la zone des trois frontières Cameroun, Gabon et Guinée Equatoriale est pratiqué en majorité des femmes.
Le commerce transfrontalier informel représente un véritable levier pour l’auto-emploi des femmes dans à Kye-Ossi et une source de revenu stable. Sous le prisme des différents accords de libre-échange signés entre Etats africains tant au niveau de la Cemac que continental avec la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), les échanges commerciaux apparaissent comme un véritable levier de croissance économique et un outil d’intégration. Pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de ces différents accords, il est indispensable de disposer régulièrement d’informations exhaustives et de qualité sur les échanges est mal connue et absente des statistiques officielles du commerce international, du fait de leur caractéristique et mode opératoire. Il s’agit des échanges transfrontaliers informels des marchandises.
L’étude sur la « Caractérisation du commerce transfrontalier en Afrique centrale : cas de la zone des trois frontières : Cameroun, Gabon et Guinée Equatorial » a pour objectif de proposer une analyse situationnelle des femmes et jeunes engagés dans le commerce transfrontalier informel dans la sous-région, notamment dans la localité de Kye-Ossi, zone des trois frontières que partagent le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale. L’originalité de cette étude réside dans l’approche consistant à fournir une analyse qualitative du commerce transfrontalier informel dans une zone englobant trois frontières. A cet effet, une opération de collecte de donnée selon une étude qualitative a eu en octobre 2023.
Sur le plan sociodémographique, les jeunes femmes ayant un niveau d’étude relativement faible qui ont pour activité principale le commerce transfrontalier informel. E effet, elles représentent 67% des opérateurs de ce type de commerce et sont majoritairement jeunes. Le document démontre que leur âge varie entre 25 et 40 ans. Par rapport à la prise en compte du niveau d’étude, 43% des femmes ont fait l’école primaire contre 24% chez les zones. Sur le plan socioéconomique, le commerce transfrontalier informel est une activité bien structurée, organisée autour d’une chaine d’opérateurs parmi lesquels chacun joue un rôle bien défini : les producteurs, les collecteurs/transporteurs, les exportateurs, les importateurs, les intermédiaires et les porteurs.
L’étude révèle notamment que 74% des opérateurs travaillent pour leur propre compte, générant en moyenne deux emplois autour de leur activité ; 67% des opérateurs de ce commerce sont des femmes majoritairement jeunes ; 60% ont entre 25 et 40 ans, illustrant le rôle central de cette activité dans l’emploi et les moyens de subsistance locaux ; 84% d’entre elles sont propriétaires de leur activité ; les exportation sont dominés par les produits agricoles et les biens de consommation , confirmant l’importance du commerce transfrontalier pour les haines d’approvisionnement locales. Toutefois, 71% des opérateurs déclarent ne pas maitriser les procédures commerciales et règlementaires, ce qui constitue un frein majeur à la formalisation et à la croissance du secteur.
Au-delà du diagnostic, le rapport formule des recommandations stratégiques pour mieux intégrer ces flux dans les systèmes statistiques nationaux ; réduire les obstacles auxquels font face les femmes et les jeunes commerçants ; et mieux aligner ces dynamiques avec la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale (Zlecaf) et l’intégration régionale en Afrique centrale.
Diane Kenfack

