Travail des enfants: Les journalistes appelés à jouer un rôle clé
Réunis du 16 au 19 mars dernier à Yaoundé, des professionnels des médias ont été outillés pour traiter cette problématique avec rigueur et responsabilité.
À l’heure où la filière cacao camerounaise est appelée à se conformer aux exigences internationales en matière de durabilité, le rôle des médias apparaît plus que jamais déterminant. C’est dans cette optique qu’une vingtaine de journalistes, issus de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne, ont pris part à un atelier de formation organisé du 16 au 19 mars 2026 à Yaoundé, à l’initiative de l’International Cocoa Initiative (ICI), en partenariat avec le ministère du Travail et de la Sécurité sociale.
Pendant quatre jours, les participants ont été immergés dans les réalités complexes du travail des enfants dans la filière cacao, avec pour objectif de renforcer leurs capacités à comprendre, analyser et traiter cette problématique de manière professionnelle, documentée et éthique.
Dès l’ouverture des travaux, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une meilleure maîtrise des concepts liés au travail des enfants. Le premier module a ainsi permis de clarifier des notions essentielles telles que « enfant », « travail des enfants », « pires formes de travail des enfants » ou encore « exploitation ». Une étape jugée indispensable pour éviter les amalgames et garantir une information précise et responsable.
Les sessions suivantes ont mis en lumière les cadres juridiques nationaux et internationaux qui encadrent la lutte contre ce phénomène. Les journalistes ont notamment été édifiés sur les conventions internationales, ainsi que sur les engagements pris par les États pour protéger les droits de l’enfant. Une attention particulière a été accordée aux normes de l’Organisation internationale du Travail, qui constituent une référence en la matière.
Au-delà des aspects juridiques, l’atelier a également exploré les causes profondes du travail des enfants dans la filière cacao. Pauvreté des ménages, accès limité à l’éducation, pesanteurs socioculturelles ou encore manque d’information figurent parmi les facteurs identifiés. Ces réalités, souvent imbriquées, engendrent des conséquences lourdes sur la santé, la scolarisation et le développement global des enfants concernés.
Les participants ont également été sensibilisés aux mécanismes de prévention et de prise en charge existants. Le système de suivi et de remédiation du travail des enfants (SSRTE), présenté au cours des travaux, offre un cadre structuré pour identifier les enfants à risque, assurer leur suivi et proposer des solutions adaptées. Des politiques de protection de l’enfance aux dispositifs de signalement, les outils existent, mais leur efficacité repose en grande partie sur la sensibilisation et l’implication des acteurs locaux, y compris les médias.
L’un des temps forts de la formation a été consacré aux ateliers pratiques. Répartis en groupes, les journalistes ont travaillé sur des productions médiatiques portant sur le travail des enfants. Reportages, analyses et angles de traitement ont été discutés, permettant aux participants de confronter leurs approches et d’améliorer leurs pratiques professionnelles. Pour les organisateurs, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à promouvoir une filière cacao responsable. « Les médias sont des acteurs clés dans la sensibilisation des communautés et la mobilisation des parties prenantes », a souligné une responsable de l’ICI, appelant les journalistes à devenir de véritables relais de changement.
Présente en Afrique de l’Ouest et centrale, l’International Cocoa Initiative œuvre depuis plus de deux décennies pour améliorer les conditions de vie dans les communautés cacaoyères. Son action s’articule autour de la protection des enfants, de la promotion de pratiques agricoles durables et de la lutte contre les abus.
Julien Efila

