Affaire bébé Mathis: Dagobert Nwafo condamné à mort
Reconnu coupable de l’assassinat d’un enfant de six ans il y a 10 mois, l’accusé a écopé de la peine capitale, ce 18 mars.
Le verdict est tombé ce 18 mars 2026 au tribunal de grande instance du Mfoundi. Dagobert Nwafo a été reconnu coupable de l’assassinat du jeune Mathis, âgé de six ans, et condamné à la peine de mort par fusillade. En plus de cette sanction maximale, la juridiction a ordonné le paiement de 500 millions de francs CFA à titre de dommages-intérêts à la famille de la victime, ainsi qu’une amende de 25 millions de francs CFA au profit de l’État.
Cette décision en attendant un éventuel recourt met un terme à une affaire criminelle qui, depuis mai 2025, suscite une vive émotion à travers le pays. Dans la salle d’audience, le silence était lourd au moment de la lecture du verdict, tant l’affaire a choqué par sa brutalité et par le jeune âge de la victime.
Les faits remontent à la journée du 10 mai 2025, au quartier Ngoa Ekélé à Yaoundé. Selon les éléments de l’enquête, une altercation avait éclaté dans un bar entre Dagobert Nwafo et Paulin, le père du petit Mathis. Après cette dispute, l’accusé avait quitté les lieux avant l’altercation pour se rendre au domicile de son adversaire où il va trouver l’infortuné. C’est à ce moment que le drame s’est produit. Armé d’un couteau, il aurait porté plusieurs coups à l’enfant, dont un fatal à la gorge.
Grièvement blessé, le petit Mathis avait été conduit d’urgence à l’hôpital militaire de Yaoundé, où il a succombé à ses blessures. L’horreur de l’acte avait immédiatement provoqué une réaction violente de la foule présente sur place. Dagobert Nwafo avait été lynché par des témoins avant d’être secouru par les forces de l’ordre, dans un état critique. Plongé dans le coma pendant plusieurs jours, il avait ensuite été pris en charge médicalement avant d’être placé en détention.
Au cours de la procédure judiciaire, l’accusé avait invoqué une amnésie partielle, expliquant ne pas se souvenir des faits en raison de son état d’ivresse. Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le ministère public, lequel avait requis la peine de mort dès le 11 décembre 2025, en s’appuyant sur les dispositions du Code pénal relatives au meurtre avec préméditation.
Le procès, suivi de près par l’opinion publique, a été marqué par de nombreuses tensions. La famille de la victime, soutenue par la société civile, n’a cessé de réclamer justice. L’un des avocats de la partie civile a même été victime d’une agression à Douala, alimentant les inquiétudes sur la sécurité autour du dossier.
Au-delà du cadre judiciaire, cette affaire a ravivé plusieurs débats de société au Cameroun. La question de la peine de mort, rarement appliquée mais toujours prévue par la loi, a été remise sur la table. Par ailleurs, le drame a relancé les préoccupations liées à la sécurité dans certains quartiers urbains et à la protection des enfants.
Les autorités ont, de leur côté, annoncé un accompagnement psychosocial pour la famille de Mathis, dont la disparition tragique continue de susciter une profonde émotion. Dans les rues comme sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui estiment que la sévérité de la peine reflète la gravité des faits.
J.E

