Obsèques: Anicet Ekane sera inhumé à Bomono Gare

D’après un cadre du Manidem, les restes du président national du Mouvement africain pour la Nouvelle indépendance et la Démocratie reposeront finalement dans son village natal dans l’arrondissement de Dibombari.

Le lieu de l’inhumation est désormais fixé. Anicet Ekane sera enterré à Bomono Gare, son village natal, dans l’arrondissement de Dibombari, département du Moungo, dans la région du Littoral. Selon un cadre du Manidem, ce choix met fin aux incertitudes qui entouraient depuis plusieurs jours l’organisation des obsèques du leader politique, décédé le 1er décembre 2025. Initialement envisagée à Bafoussam, la sépulture n’a finalement pas été retenue, contraignant proches et militants à se rabattre sur une option jugée plus apaisée.

Ce recentrage vers Bomono Gare intervient alors que les hommages ont déjà commencé à Bafoussam. Dans la région de l’Ouest, amis, militants et sympathisants ont lancé, le 28 mars, une série d’activités en mémoire du défunt. Au siège local du Manidem, au carrefour Wanko, banderoles et affiches à son effigie annoncent les cérémonies prévues sur plusieurs jours. « Nous préparons l’événement depuis plusieurs jours. L’ensemble du dispositif se met en place progressivement », explique un responsable de l’Association des amis d’Anicet Ekane, à l’initiative de cette première phase d’hommages.

Ainsi, expositions photographiques, témoignages et projections vidéo rythment ce programme d’adieu. Une mobilisation qui se poursuivra dans les prochains jours, avant le relais annoncé de l’Union des populations du Cameroun (UPC) à partir du 10 avril. À travers ces initiatives, les organisateurs entendent saluer le parcours d’un homme présenté comme une figure marquante de la vie politique camerounaise. Mais, en parallèle, l’organisation des obsèques a été perturbée par une controverse majeure. L’Église évangélique du Cameroun (EEC) a en effet refusé l’inhumation d’Anicet Ekane au cimetière de Bafoussam-Plateau. Dans une correspondance datée du 12 mars, l’institution évoque une interdiction d’inhumer en vigueur depuis 2016. Une décision qui a surpris, d’autant plus que, d’après ses proches, de son vivant, l’opposant avait exprimé le souhait d’être enterré aux côtés d’Ernest Ouandié, figure historique de la lutte indépendantiste.

Ce refus a suscité des réactions contrastées. Certains y voient une simple application de règles internes, tandis que d’autres évoquent une décision aux implications plus larges. « Le refus de l’EEC est politisé. Nous souhaitons que notre guide soit enterré dans le calme », a réagi Valentin Dongmo, vice-président du Manidem. Dans le même esprit, il a rappelé une ambition symbolique : « Un jour, tous nos martyrs seront enterrés au Panthéon Kamerounais ». Au fil des jours, ces divergences ont compliqué les préparatifs. À l’approche de la date d’inhumation fixée au 25 avril 2026, les discussions se sont multipliées entre les différentes parties impliquées. Le choix de Bomono Gare apparaît ainsi comme une solution de sortie de crise, permettant d’éviter l’escalade des tensions tout en respectant l’ancrage familial du défunt.

Désormais, l’attention se tourne vers la suite du programme funéraire. Entre hommages populaires et organisation pratique, les prochains jours s’annoncent décisifs. Malgré les obstacles rencontrés, les proches d’Anicet Ekane affichent une priorité claire : lui offrir des obsèques dignes, dans un climat apaisé.

Hélène Tientcheu

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