Sommet Japon-Afrique: Dion Ngute à Yokohama

Coorganisée par le gouvernement japonais, les Nations Unies, le PNUD, la Banque mondiale et la Commission de l’Union africaine, la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, qui s’est tenue du 20 au 22 août 2025 au pays du soleil levant, en présence du Premier ministre camerounais, visait à promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité.

Après la Tunisie en 2023, c’est la ville nippone Yokohama qui a accueilli du 20 au 22 août la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad). Cette 9e édition a vu la participation de quelque 5000 participants venant des 54 pays africains, du Japon et des institutions financières et de développement. Le Cameroun qui prenait part au Sommet était représenté par le Premier ministre chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute. S’il n’y a pas eu d’annonces spectaculaires avec des montants d’investissements colossaux, cette rencontre a été marquée par la signature de 300 accords de coopération entre entités japonaises et africaines. Un chiffre trois fois supérieur à celui enregistré lors du précédent sommet, tenu en 2022 en Tunisie.

Plus de 300 accords dans des secteurs clés comme les infrastructures, la santé, la technologie, l’éducation et l’agriculture. Pendant la conférence, le Premier ministre Ishiba a eu une quarantaine de réunions avec des chefs d’État et des représentants d’organisations régionales et internationales. Le ministre des Affaires étrangères Iwaya, lui, a rencontré une trentaine de ministres et hauts responsables africains.

Expertise japonaise

Reste que malgré le fait que Ticad soit l’une des premières rencontres entre les pays africains et un pays développé, le premier sommet datant de 1993, les entreprises japonaises ont du mal à s’implanter en Afrique. Toutefois, les autorités japonaises souhaitent changer cette donne. Pour y arriver, le Japon compte accroître les investissements de ses entreprises en coopération avec l’Inde et les pays du Moyen-Orient et comptent s’allier à d’autres pays, particulièrement l’Inde, la Turquie, le Brésil pour pénétrer les marchés africains. Concrètement, cela se traduira par un soutien aux entreprises japonaises implantées dans ces pays afin qu’elles puissent collaborer avec leurs homologues locales pour s’implanter en Afrique. Dans le cadre de l’initiative pour l’Océan Indien et l’Afrique, Tokyo et New Delhi vont collaborer pour aider les entreprises japonaises établies en Inde à pénétrer le marché africain. L’Inde étant bien implanté historiquement en Afrique de l’Est et australe où on compte d’importantes communautés indiennes.

La même politique sera adoptée pour les entreprises nippones présentes au Moyen-Orient. De même que les entreprises nippones présentes au Brésil chercheront des partenaires locaux pour leur implantation en Afrique. Cette approche permettra aux entreprises nippones implantées dans ces pays de profiter des affinités culturelles entre ces pays et ceux de l’Afrique pour mieux pénétrer les marchés africains. Toutefois, si la présence des entreprises japonaises demeure encore faible au niveau du continent, la coopération japonaise est y très active. Elle se distingue par son approche centrée sur l’humain : développement de la production agricole, notamment du riz, transition énergétique, santé, éducation, emploi des jeunes…

Le Japon compte aussi accroître son partenariat dans le développement agricole. Dans ce domaine, le pays travaille avec 39 Etats africains, dont le Cameroun, pour les aider à développer leur agriculture. La nouvelle variété de riz hybride pour l’Afrique baptisée Nouveau riz pour l’Afrique, ou Nerica est une variété qui combine les meilleurs grains japonais et africains, en est une des illustrations.

Evariste Menounga

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