Régionales 2025: ELECAM verrouille les derniers maillons de la chaîne électorale

À quelques jours du scrutin, le conseil électoral de l’organe en charge de l’organisation des élections a tenu, le 20 novembre dernier, sa 5ᵉ session de plein droit, consacrée à la validation des commissions régionales de supervision, étape décisive pour garantir la transparence et la crédibilité du vote.

On aurait dit une salle où la moindre hésitation pouvait tout compromettre. Ce 20 novembre, à l’immeuble siège d’Election Cameroon(ELECAM), l’atmosphère était tendue, studieuse, presque solennelle. Car à l’approche des régionales du 30 novembre prochain, chaque détail compte, chaque décision façonne la confiance future du public. Pour sa cinquième session de plein droit, le Conseil électoral s’est réuni afin d’ajuster les derniers rouages d’un processus en pleine accélération, avec en point d’orgue la validation des commissions régionales de supervision.

Dirigée par Enoh Abrams Egbe, la séance a permis de rappeler le rôle essentiel de ces commissions prévues par l’article 263 du Code électoral. Véritable épine dorsale de la transparence électorale, elles sont chargées de superviser les opérations dans chaque région et de proclamer les résultats qui en émanent. Une mission lourde, exigeante, et placée sous le sceau de l’indépendance. « Il est impératif de prévenir tout comportement susceptible d’entacher l’intégrité du processus électoral », a mis en garde le président du Conseil électoral, insistant sur une impartialité qu’il qualifie de « non négociable ».

Mais derrière cette formalité institutionnelle, c’est tout un dispositif qui se structure. La validation des dix commissions régionales marque la fin d’une séquence administrative et le début de la phase opérationnelle. Dès leur mise en route, ces équipes devront s’assurer que les campagnes se déroulent dans le respect du cadre légal, que le matériel électoral est disponible en quantité suffisante et que les agents chargés des bureaux de vote sont fin prêts.

L’un des points majeurs de la session fut également l’adoption des termes de référence pour la descente nationale d’ELECAM, prévue du 24 novembre au 4 décembre. Qualifiée par plusieurs membres du conseil électoral de « tour de contrôle décentralisée », cette opération doit couvrir les 58 chefs-lieux de département. Ses objectifs sont clairs : superviser le déroulement de la campagne, détecter au plus tôt d’éventuelles irrégularités, et analyser l’état réel de préparation logistique dans les zones concernées.

Pour ELECAM, ce déplacement est perçu comme un mécanisme de prévention, un moyen de s’assurer que rien ne sera laissé au hasard le jour du vote. Les équipes de l’organe en charge de la gestion des élections examineront notamment l’acheminement des kits électoraux, les conditions de sécurité, la conformité des listes, ainsi que la formation des personnels déployés. En somme, une démarche proactive pour renforcer la crédibilité du scrutin, avant que les observateurs nationaux et internationaux n’en livrent leurs propres évaluations.

A cet effet, Enoh Abrams Egbe a souligné « le sens de l’humilité » et « l’engagement » des membres du conseil électoral, affirmant que cette combinaison de rigueur et de modestie contribue à faire d’ELECAM une « institution crédible et inclusive ». Un message destiné autant aux collaborateurs de l’institution qu’aux acteurs du jeu politique, parfois critiques mais toujours attentifs aux enjeux de transparence.

Alors que les candidats multiplient les tournées et les réunions publiques, l’institution électorale, elle, resserre les boulons, coordonne, vérifie, anticipe. Car le moindre faux pas pourrait fragiliser un scrutin dont l’enjeu principal reste la consolidation de la décentralisation au Cameroun.

Julien Efila

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