Présidentielle 2025: Le PAL mise sur la jeunesse

En investissant Ateki Caxton Seta, un jeune leader comme candidat à la présidentielle, le Parti de l’Alliance Libérale (PAL) de Célestin Bedzigui tente de briser les codes établis et figés.

Le 12 juillet dernier, le palais des Congrès de Yaoundé a été le théâtre  d’un moment politique fort : l’investiture officielle d’Ateki Caxton Seta comme candidat du Parti de l’Alliance Libérale (PAL) à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. L’événement, tenu dans une ambiance solennelle, s’est déroulé en présence de figures politiques de l’opposition, venues saluer un choix jugé audacieux, voire symbolique, dans un paysage politique camerounais dominé par les ténors traditionnels.

Le président national du PAL, Célestin Bedzigui, a présidé lui-même le Conseil politique national ayant débouché sur cette désignation. Avec cette décision, il prêche par l’exemple, donnant à sa formation une allure de laboratoire démocratique où la jeunesse peut accéder aux plus hautes responsabilités politiques. À rebours d’un conservatisme ambiant où l’on voit souvent les mêmes figures monopoliser la parole et les candidatures, le PAL rompt  ainsi avec la tradition et ouvre la voie à un renouvellement générationnel.

Mais si le geste est fort, la question de son efficacité électorale reste entière. Peut-on sérieusement envisager qu’un parti comme le PAL, aussi structuré soit-il, puisse rivaliser avec le mastodonte qu’est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), solidement enraciné dans toutes les sphères institutionnelles du pays ? La puissance logistique et financière du parti au pouvoir, combinée à sa maîtrise du terrain électoral, rend toute percée difficile pour une formation qui, comme le PAL, reste en marge des grandes institutions nationales.

La comparaison est tout aussi rude du côté de l’opposition dite « majeure ». Des figures comme Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF), ou encore Bello Bouba Maïgari (UNDP) disposent de structures plus largement déployées, de relais médiatiques conséquents et d’une assise territoriale plus solide. Le pari du PAL, dans ce contexte, semble donc à première vue risqué, voire symbolique.

Cependant, la présence remarquée de leaders comme Tchroma Bakary, Patricia Tomano Ndam Njoya et Pierre Kwemo lors de cette investiture pourrait annoncer des alliances stratégiques futures. Le PAL n’exclut pas une dynamique de coalition, ou à tout le moins, des accords politiques susceptibles d’amplifier sa visibilité et son impact. Dans une opposition fragmentée, cette ouverture pourrait lui permettre de peser davantage que ne le suggèrent ses seuls chiffres électoraux passés.

L’investiture d’Ateki Caxton Seta sonne donc comme un acte de foi dans une jeunesse souvent marginalisée, mais désormais appelée à prendre ses responsabilités. Elle redonne aussi un sens à l’engagement politique, à l’heure où le cynisme et l’abstention gagnent du terrain. Reste maintenant à convaincre l’électorat et à transformer cette audace en dynamique électorale réelle. Les prochaines semaines diront si ce pari peut se traduire dans les urnes, ou s’il restera un simple signal dans l’histoire politique du Cameroun.

Né dans les années 1980, Ateki Caxton Seta n’est pas un novice. Vice-président du PAL, il est reconnu pour son engagement constant en faveur des droits civiques, du dialogue politique et d’un libéralisme social adapté aux réalités camerounaises. Son profil incarne à la fois la modernité, la compétence technocratique et l’ambition d’une jeunesse qui aspire à un changement de cap pour le pays.

Julien Efila

 

 

 

 

 

 

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