Présidentielle 2025: Le Fsnc débouté sur le fond de querelle colorée
À l’ouverture officielle de la campagne présidentielle ce 27 septembre 2025, le candidat du Fsnc, Issa Tchiroma Bakary, a publié son « Manifeste de transition ».
La campagne présidentielle s’ouvre sur un ton offensif. À travers un manifeste largement diffusé sur les réseaux sociaux, Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), détaille son projet pour « redonner le pouvoir au peuple ». Ce document, qu’il présente comme un plan de transition, articule six chantiers majeurs censés répondre aux crises politiques, économiques et sociales qui minent le pays.
Le premier axe, jugé fondamental, concerne la paix et la réconciliation nationale. Conscient que « sans réconciliation, aucune réforme n’est possible », le candidat propose un grand dialogue inclusif, l’instauration d’une commission vérité et réconciliation, ainsi qu’un programme de pacification combinant désarmement, réinsertion et sécurisation des zones en conflit. En outre, une vaste campagne d’éducation civique viserait à restaurer le patriotisme et l’identité commune.
Dans la foulée, Issa Tchiroma Bakary plaide pour un audit complet et indépendant de l’État. Selon lui, l’opacité financière héritée du régime sortant empêche toute reconstruction crédible. Son plan prévoit de confier à un cabinet mixte d’experts nationaux et internationaux l’évaluation des finances, du patrimoine et des ressources naturelles du pays. Les résultats, rendus publics, serviraient de base à des poursuites judiciaires en cas de détournements.
Le troisième chantier touche aux réformes institutionnelles. Pour rompre avec ce qu’il appelle la « personnalisation du pouvoir », le candidat du Fsnc envisage une réforme constitutionnelle, un nouveau code électoral consensuel, la reconnaissance de la double nationalité, ainsi que la création d’organes de contrôle réellement indépendants. L’objectif selon lui, est de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
Pour ce qui est de l’économie, le candidat du Fsnc veut réduire la dépendance au pétrole et aux importations en investissant massivement dans l’agriculture, l’énergie et l’industrie locale. Des zones économiques spéciales seraient créées dans chaque région, tandis que le numérique et les start-up bénéficieraient d’un soutien accru. Par ailleurs, une réforme fiscale viserait à encourager l’investissement privé et le « made in Cameroon ».
Les réformes sociales occupent le cinquième chantier. L’éducation gratuite jusqu’au secondaire, la couverture santé universelle et un vaste programme de formation professionnelle pour les jeunes et les femmes figurent parmi les mesures phares. Ces initiatives, insiste-t-il, doivent réduire les inégalités et offrir des perspectives concrètes à une jeunesse souvent en marge du développement national.
Issa Tchiroma inscrit également sa vision dans une dynamique internationale. Son sixième chantier, consacré à la diplomatie, prône un panafricanisme assumé et une politique étrangère « résolument multipolaire ». Le Cameroun, explique-t-il, doit renforcer ses liens avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) et l’Union africaine tout en s’ouvrant aux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), aux pays du Golfe, à l’Europe et aux Amériques. La diaspora, mobilisée comme force diplomatique et économique, occupe une place stratégique dans ce projet.
Hélène Tientcheu

