Présidence du Conseil régional du Sud: Un fauteuil pour trois

À quelques heures de la course à la présidence du Conseil régional du Sud, la bataille s’annonce plus disputée que d’habitude, sur fond d’ambitions déclarées, de traditions partisanes questionnées et d’enjeux politiques sous-jacents.

La bataille pour la présidence du Conseil régional du Sud risque d’être plus âpre cette année. Contrairement à la précédente, la scène politique régionale est désormais animée par des déclarations de candidature multiples et assumées. Trois figures ont d’ores et déjà fait connaître leur intention de briguer le fauteuil de président, notamment : Emmanuel Mvé Elemva, président sortant, Cathy Meba, conseillère régionale, et Éric Gervais Ndo, actuel vice-président du Conseil régional.

Mais avec l’entrée en lice de nouveaux prétendants, une question traverse désormais les cercles d’observateurs : y aura-t-il véritablement une élection cette fois-ci à la tête du Conseil régional du Sud ?

Et au cœur de cette interrogation se trouve une pratique bien connue au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : celle du « pli fermé ». Cette tradition, souvent dénoncée par certains militants, consiste à désigner en amont un candidat, imposé ensuite comme choix unique, au détriment d’un vote réellement compétitif. Le Sud, bastion historique du parti au pouvoir, n’a pas échappé à cette logique par le passé. Mais le contexte actuel, marqué par des ambitions affichées et une visibilité accrue des prétendants, pourrait-il conduire à une remise en cause de cette méthode ?

La présence de ces trois candidats de poids dans l’arène électorale traduit en tout cas une volonté de bousculer l’ordre établi. Conseillère régionale, la première incarne une voix nouvelle, celle des femmes et des jeunes qui revendiquent une autre approche de la gouvernance régionale. Le second, vice-président du Conseil régional, connaît les rouages de l’institution et estime disposer de la légitimité nécessaire pour prétendre à sa direction. Face à eux, Emmanuel Mvé Elemva peut se prévaloir de son expérience politique, mais aussi de solides réseaux.

Une chose paraît néanmoins acquise : il y aura bel et bien une élection, avec des candidats déclarés et des enjeux clairement identifiés. Reste à savoir si elle sera pleinement compétitive ou si les vieilles habitudes reprendront le dessus. D’ici là, tous les regards sont tournés vers le conseil régional du Sud où ce 16 décembre prochain pourrait marquer un tournant dans la vie politique régionale.

J.E

 

 

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